Un vaste système de fraude impliquant de faux certificats médicaux a été mis au jour dans la capitale marocaine. Trente-quatre individus, parmi lesquels des soignants, un médecin, des employés et des intermédiaires comparaissent devant le tribunal de première instance de Rabat pour avoir orchestré une escroquerie à grande échelle aux dépens de plusieurs compagnies d’assurance.
D’après les révélations du quotidien Assabah dans son édition du 4 août, cette affaire, l’une des plus importantes du genre au Maroc, repose sur la fabrication de certificats médicaux falsifiés, attribués à un praticien complice. Ces faux documents servaient à monter de toutes pièces des dossiers d’accidents de la route imaginaires, dans le but d’obtenir frauduleusement des indemnisations.
Le principal mis en cause est poursuivi pour escroquerie, falsification de documents médicaux et production de fausses déclarations. Les autres prévenus, accusés de complicité ou de participation, sont issus du monde médical ou agissaient en tant qu’intermédiaires spécialisés dans le montage de ces dossiers fictifs.
Le démantèlement du réseau fait suite à une enquête minutieuse déclenchée il y a deux mois, après la détection d’irrégularités dans plusieurs demandes d’indemnisation. Les investigations ont permis de remonter jusqu’au réseau de courtiers et bénéficiaires, dont certains ont reconnu leur implication. Le présumé instigateur du système a été arrêté et inculpé.
L’audience prévue jeudi dernier a été reportée à la demande de la défense, qui a sollicité un délai supplémentaire pour consulter le dossier complet et préparer sa plaidoirie. Le procès reprendra le 14 août.
Ce type de fraude n’est pas inédit. Toujours selon Assabah, une affaire similaire avait été jugée par le même tribunal il y a quelque temps, impliquant un médecin et des agents publics. Bien que le praticien ait nié toute responsabilité, la justice avait retenu sa négligence.
Dans le dossier actuel, plusieurs assureurs se sont constitués parties civiles afin de récupérer les fonds versés indûment, estimés à plusieurs millions de dirhams. Toutefois, le tribunal s’est déclaré incompétent pour trancher sur le volet civil, ce qui a temporairement écarté la menace d’un remboursement de près de six millions de dirhams pesant sur une avocate liée à l’affaire, selon des sources citées par Assabah.

