Depuis quelques jours, des citoyens se retrouvent face à une situation aussi inattendue que déroutante : être signalés « recherchés » pour des infractions routières dont ils ignoraient jusqu’à l’existence.
Un simple passage dans un commissariat, une démarche administrative ou un contrôle routinier suffit pour découvrir qu’un jugement a été rendu en leur absence… et qu’il doit désormais être exécuté.
L’origine de ces affaires remonte aux radars fixes installés sur le réseau routier. Des dépassements de vitesse enregistrés depuis plusieurs années ont donné lieu à des décisions pénales rendues par défaut. Une fois la procédure enclenchée, les intéressés sont automatiquement redirigés vers la police judiciaire du ressort territorial du tribunal concerné.
À Casablanca, un cas récent a illustré l’ampleur du décalage entre la lourdeur des procédures et les montants en jeu. Un conducteur, convoqué dans le district d’Al Rahma, découvre qu’une contrainte judiciaire pèse contre lui. Après vérification, il s’agit d’un dossier datant d’avril 2018, sanctionné par une amende de 400 dirhams pour une infraction captée par radar fixe. Le montant dû est finalement de 430 dirhams, avec les frais ajoutés. Une somme modeste, mais un dispositif administratif particulièrement lourd.
Cette avalanche de dossiers intervient à quelques semaines de l’entrée en vigueur du nouveau Code de procédure pénale, le 8 décembre. La réforme maintient la contrainte judiciaire mais en relève le seuil : seules les dettes dépassant 8 000 dirhams pourront désormais entraîner une privation de liberté, épargnant ainsi les conducteurs frappés de sanctions mineures.
Selon des sources associatives, l’ancien dispositif permettait des peines allant de 6 à 20 jours de détention pour des condamnations inférieures à 8 000 dirhams, notamment celles issues des radars fixes. Une disposition qui disparaît avec le nouveau texte, recentrant la contrainte judiciaire sur les créances les plus importantes.

