Prévu hier mercredi, le procès d’Ibtissam Lachgar, militante connue pour ses positions en faveur des libertés individuelles, n’a pas eu lieu. À la demande de sa défense, l’audience a été ajournée au 27 août afin de préparer les arguments et de solliciter une remise en liberté provisoire.
Cette affaire trouve son origine dans une publication de fin juillet, où la psychologue clinicienne, surnommée « Betty », apparaissait vêtue d’un t-shirt portant des inscriptions ayant suscité une forte polémique. Les propos accompagnant l’image avaient déclenché de vives réactions sur les réseaux sociaux, allant de critiques virulentes à des menaces personnelles.
Placée en garde à vue le 10 août, puis en détention le 12, elle est poursuivie pour atteinte à la religion musulmane, sur la base de l’article 267-5 du Code pénal. Ce texte prévoit des peines allant de six mois à deux ans de prison, pouvant être portées à cinq ans si les faits sont commis publiquement, y compris en ligne.
Son avocate, Me Naïma Elguellaf, a souligné que sa cliente est en convalescence après un cancer, nécessitant des soins continus. Elle a également fait valoir qu’aucune menace directe pour la sécurité d’autrui ne justifiait le maintien en détention.
Ibtissam Lachgar avait déjà été interpellée par le passé pour ses prises de position, notamment en 2016 et en 2018, mais ces précédents n’avaient pas donné lieu à des poursuites judiciaires.


