Le retrait des États-Unis de l’Organisation mondiale de la santé entre dans sa phase finale, alors que la procédure engagée par l’administration Trump arrive à son terme dans les prochains jours. Depuis Genève, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, alerte sur les conséquences immédiates de cette décision, qu’il juge risquée pour la sécurité sanitaire américaine et pour l’équilibre du système mondial de surveillance des épidémies.
Selon le responsable de l’agence onusienne, la sortie de Washington fragilise l’architecture internationale de prévention des crises sanitaires, à un moment où les risques de nouvelles pandémies restent élevés. Les États-Unis, qui figurent parmi les principaux bénéficiaires des systèmes d’alerte, de veille et de coordination de l’OMS, se priveraient ainsi d’un outil central de protection collective. « Les États-Unis ne peuvent pas être en sécurité sans coopération internationale », a-t-il rappelé, en soulignant que nombre de programmes de l’organisation contribuent directement à la sécurité sanitaire du pays.
La décision américaine remonte au 20 janvier 2025, jour même du retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Quelques heures après son investiture, le président avait signé un décret ordonnant le retrait des États-Unis de l’OMS, lançant une procédure d’une durée d’un an, qui s’achève désormais. Cette rupture intervient dans un contexte marqué par les séquelles de la pandémie de Covid-19, qui avait justement mis en lumière le rôle central de l’OMS dans la coordination des réponses internationales.
Sur le plan juridique, la situation reste délicate. La Constitution de l’OMS ne prévoit pas explicitement de mécanisme de retrait, mais les États-Unis s’étaient réservé ce droit en 1948, sous réserve de respecter deux conditions : un préavis d’un an et le règlement intégral des cotisations dues pour l’exercice en cours. Or, selon le conseiller juridique principal de l’OMS, Steve Solomon, Washington accuse actuellement des arriérés pour les années 2024 et 2025, ce qui pourrait compliquer l’effectivité du départ. Les États membres devront donc se prononcer sur le respect de ces obligations financières.
Au-delà de la dimension juridique, la question du financement pèse lourdement. Les coupes massives dans l’aide internationale affectent déjà de nombreux systèmes de santé à travers le monde. Pour Tedros Adhanom Ghebreyesus, la stabilité budgétaire de l’OMS conditionne sa capacité à anticiper et contenir les menaces sanitaires. Il insiste toutefois sur un point : son appel à un retour des États-Unis ne repose pas sur l’argent, mais sur la nécessité d’une réponse collective face à des virus qui circulent sans tenir compte des frontières.
Alors que la date butoir approche, l’OMS continue de plaider pour une réintégration de Washington dans le système multilatéral de santé. L’agence redoute qu’un retrait américain ne crée un précédent et n’affaiblisse durablement la coopération internationale, à un moment où la préparation aux crises sanitaires demeure l’un des enjeux majeurs de la sécurité mondiale.


