Un tournant décisif semble se profiler dans le dossier du Sahara. Le projet de résolution que le Conseil de sécurité des Nations unies s’apprête à adopter place pour la première fois la proposition marocaine d’autonomie au cœur du processus politique, consolidant ainsi la dynamique diplomatique initiée depuis plusieurs années par le Royaume.
Selon un texte de résolution, le Conseil de sécurité de l’ONU devrait entériner vendredi le plan d’autonomie présenté par le Maroc comme la base de référence pour parvenir à une solution politique au différend régional autour du Sahara. La séance de vote, initialement prévue jeudi, a été repoussée de vingt-quatre heures en raison des discussions urgentes sur la situation au Soudan.
Ce nouveau projet de résolution, qui marque une évolution notable dans la position du Conseil, réaffirme la centralité de la proposition marocaine de 2007 et insiste sur la nécessité d’une issue « politique, durable et mutuellement acceptable ». Le mandat de la MINURSO serait prolongé d’un an, écartant ainsi l’hypothèse d’une réduction à six mois évoquée par certaines sources diplomatiques.
Le texte, qui met en avant une approche pragmatique du dossier, appelle les parties prenantes — le Maroc, le front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie — à reprendre les négociations sans conditions préalables, tout en reconnaissant qu’« une autonomie authentique sous souveraineté marocaine pourrait constituer la solution la plus réalisable ».
Les États-Unis, selon cette même version, se disent disposés à accueillir les futures discussions entre les quatre acteurs du processus politique, dans le cadre des efforts conduits par l’Envoyé personnel du Secrétaire général, Staffan de Mistura. Le Conseil exprimerait d’ailleurs son « plein soutien » à ce dernier, saluant son initiative visant à réunir l’ensemble des parties pour relancer la dynamique politique.
Le projet de résolution note également le large appui exprimé par de nombreux États membres en faveur du plan marocain d’autonomie, considéré par plusieurs chancelleries comme une base sérieuse et crédible pour une paix durable dans la région. Le texte souligne enfin « l’urgence de parvenir à un règlement définitif » et reconnaît « la responsabilité partagée » des acteurs régionaux dans l’aboutissement de ce processus.

