C’est une Saïda Charaf sincère, engagée et rayonnante qui s’est présentée à la presse ce week-end à Marrakech, en marge de la 54ᵉ édition du Festival National des Arts Populaires (FNAP). Invitée d’honneur de cette grande messe du patrimoine vivant marocain, la chanteuse sahraouie a marqué les esprits, autant par son hommage vibrant à la culture hassanie que par son engagement personnel. Elle a révélé avoir volontairement “renoncé à la moitié de son cachet” pour participer à cette édition, qu’elle considère comme une célébration essentielle de l’identité marocaine, marquée par sa pluralité.
Durant la conférence de presse, Saïda Charaf a dévoilé en exclusivité son nouveau titre Lila Lila, une chanson hassanie pleine de rythme, de douceur et de fierté. Le morceau s’appuie sur un texte patrimonial réadapté par le poète Lahbib Jomii, avec un arrangement musical signé Adil Lakhlifi. Les instruments traditionnels ont été soigneusement mis en valeur grâce aux talents de Hicham El Marouani et de l’artiste Sidi Ahmed Labeid, qui mêle avec brio guitare et tidinit, cet instrument emblématique du désert. L’enregistrement a été réalisé au studio de Simo Zaher, dans une atmosphère résolument ancrée dans les sonorités du Sud marocain.
La star promet d’offrir, ce soir, une performance inoubliable sur la scène du FNAP, aux côtés d’artistes venus des 12 régions du Royaume. Une soirée qui s’annonce comme un véritable hymne à la diversité culturelle du Maroc. En étant au centre de cette édition, Saïda Charaf réaffirme sa place dans le paysage artistique national : une voix du désert, ancrée dans la tradition, mais résolument tournée vers l’avenir.
Alors que la clôture approche, la 54ᵉ édition du FNAP aura confirmé qu’elle n’était pas qu’une simple fête locale. Elle s’est imposée comme un véritable espace de dialogue entre les arts populaires marocains et les expressions culturelles venues d’ailleurs. Plus de 700 artistes y ont pris part, réunis au sein d’une soixantaine de troupes représentant les différentes régions du Royaume, aux côtés de formations invitées de Chine, du Sénégal et de Côte d’Ivoire. Marrakech, une fois encore, s’est révélée être un carrefour des patrimoines vivants, faisant vibrer les voix du Maroc et celles du monde entier.

