L’architecte marocaine Salima Naji a été honorée de la Grande Médaille d’Or de l’Académie d’architecture française lors d’une cérémonie à Paris, confirmant son statut international. Ce prix prestigieux, la plus haute distinction décernée par l’institution, vient saluer l’ensemble de son œuvre et sa capacité à intégrer harmonieusement l’architecture dans son environnement tout en respectant les traditions locales.
Salima Naji, installée à Tiznit depuis 2008, est reconnue pour son travail sur les matériaux traditionnels marocains tels que la terre et la pierre, ainsi que pour sa démarche visant à sauvegarder et moderniser les techniques vernaculaires. Son approche, à la fois humaine et participative, s’inscrit dans une vision architecturale où l’aspect social et environnemental est au cœur des préoccupations. En collaborant avec des artisans locaux et en réemployant des matériaux naturels, Naji défend une architecture durable et respectueuse des territoires, loin des pratiques destructrices du béton armé.
La présidente de l’Académie, Catherine Jacquot, a souligné l’importance de l’œuvre de Salima Naji, la qualifiant de « magnifique » et mettant en avant sa responsabilité et son talent dans l’insertion de l’architecture dans le respect des lieux. Pour sa part, Sophie Berthelier, présidente du jury, a salué le travail de Naji, qui mêle « histoire, passé et futur », et qui défend une architecture tournée vers le bien commun et les pratiques locales.
Au cours de la cérémonie, l’architecte Martin Robain a également présenté son travail, mettant en avant quelques concepts clés issus des écrits et conférences de la lauréate : « convivialité », « réemploi », « préservation pas conservation », « attachement au lieu » ou encore « agir en réparant ». Ces termes illustrent la pensée et la pratique de Salima Naji, qui interroge constamment le rapport entre le bâtiment, son environnement, et ses usages sociaux.
Salima Naji, qui a étudié l’architecture à Paris avant d’obtenir un doctorat en anthropologie sociale, a exprimé sa gratitude à l’Académie et aux membres du jury pour cette reconnaissance, qu’elle perçoit comme une « consécration » en tant qu’architecte marocaine et africaine. Elle a également mentionné que cette distinction reflétait la confiance de ses pairs en son travail, qu’elle décrit comme ancrée dans une « architecture intemporelle ».
Le parcours de Salima Naji a impressionné les membres de l’Académie, notamment lors de visites de ses chantiers au Maroc, où ils ont pu constater son engagement en faveur d’un développement soutenable, appuyé sur des techniques traditionnelles et une fine connaissance des territoires. Forte de cette reconnaissance, Naji continue de promouvoir une architecture du bien commun, où la durabilité, le respect des traditions et l’engagement social sont indissociables.

