Le Royaume du Maroc renforce sa présence au sein de la gouvernance numérique africaine. Réuni à Abuja, au Nigeria, à l’occasion de la 26ᵉ Conférence des Plénipotentiaires (CPL 2026) de l’Union Africaine des Télécommunications (UAT), le Royaume a été élu membre du Conseil administratif de l’organisation pour le mandat 2027-2031. Cette désignation confirme le rôle croissant du Maroc dans les politiques de transformation numérique du continent et son engagement en faveur d’une coopération africaine fondée sur le partage d’expertise et le développement commun.
Cette élection est intervenue à l’issue des travaux de la conférence et des réunions préparatoires organisées dans la capitale nigériane du 16 au 24 juillet 2026. Une délégation marocaine de haut niveau y représentait le Royaume, avec des responsables du ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, de l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT), de l’Agence de développement du digital (ADD) ainsi que de l’ambassade du Maroc à Abuja.
Cette participation s’inscrit dans la continuité des Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, visant à consolider une coopération Sud-Sud fondée sur la solidarité, l’échange de compétences et la création de partenariats durables entre les pays africains.
Dans son intervention, la délégation marocaine a rappelé que le développement des infrastructures numériques, des télécommunications et de l’intelligence artificielle constitue désormais un levier essentiel pour accélérer la croissance économique, améliorer les services publics et renforcer la compétitivité des économies africaines.
Le Royaume a également mis en avant plusieurs chantiers structurants engagés au niveau national. Parmi eux figurent la stratégie Maroc Digital 2030, la feuille de route « AI Made in Morocco », destinée à développer une intelligence artificielle souveraine et responsable, ainsi que la stratégie nationale de cybersécurité à l’horizon 2030. Ces initiatives illustrent l’ambition du Maroc de faire du numérique un moteur de développement tout en favorisant une coopération renforcée avec les autres pays du continent.
Au cours des échanges, la délégation a présenté plusieurs projets ouverts aux partenaires africains. Le réseau des JAZARI Institutes, consacré à la recherche, à l’innovation et au développement des compétences en intelligence artificielle, figure parmi les initiatives phares. Le Hub Digital for Sustainable Development (D4SD), développé avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a également été mis en avant pour son rôle dans l’accompagnement des projets numériques au service du développement durable.
Les représentants marocains ont aussi exposé le projet Igoudar Numérique Dakhla, conçu pour renforcer les capacités africaines dans les domaines du cloud, des centres de données, de l’intelligence artificielle et des services numériques. Ce projet ambitionne de contribuer à la souveraineté numérique du continent tout en facilitant l’émergence d’un écosystème technologique africain plus intégré.
L’élection du Maroc au Conseil administratif de l’UAT traduit la confiance accordée par les États membres à l’expertise développée par le Royaume dans les secteurs des télécommunications et du digital. Elle offre également au pays une position stratégique pour participer à l’élaboration des orientations de l’organisation durant les prochaines années et pour défendre les priorités africaines sur les grandes questions liées aux technologies numériques.
Créée en 1977, l’Union Africaine des Télécommunications est l’institution spécialisée de l’Union africaine chargée de promouvoir le développement des télécommunications et des technologies de l’information et de la communication sur le continent. Elle coordonne les actions des États membres, encourage l’harmonisation des politiques réglementaires et porte les positions africaines auprès des instances internationales, notamment l’Union internationale des télécommunications (UIT).
Par cette nouvelle responsabilité, le Maroc confirme sa volonté de contribuer à la construction d’un espace numérique africain plus résilient, inclusif et interconnecté, où l’innovation, l’intelligence artificielle et les infrastructures digitales constituent des piliers de développement économique et de coopération entre les pays du continent.

