Sur un vol Tel Aviv-Paris, où prenait également place l’eurodéputée Rima Hassan expulsée d’Israël, une passagère franco-israélienne s’est illustrée par des propos d’une rare violence, déclenchant une onde de choc sur les réseaux sociaux.
Deux vidéos, rapidement devenues virales, montrent la femme en question proférant des insultes et des attaques à caractère raciste, visant non seulement Rima Hassan, mais également les Palestiniens en général. Le député Aymeric Caron, qui a relayé ces images sur X, décrit la passagère comme une militante « d’extrême droite islamophobe » et partisane d’une politique israélienne radicale.
Sur les images tournées dans l’avion, la femme tourne en dérision l’eurodéputée française d’origine palestinienne : « Elle est jetée comme une misérable », lance-t-elle avec un mépris affiché, n’hésitant pas à décrire son apparence physique de façon moqueuse. Ignorant les instructions de l’équipage, elle s’approche ostensiblement de Rima Hassan en brandissant des symboles pro-israéliens, avant de s’en prendre à d’autres passagers d’origine arabe qu’elle accuse de perturber le vol.
Dans une seconde séquence, encore plus virulente, la même femme exprime face caméra son absence totale de compassion envers les Palestiniens, affirmant sans détour qu’elle ne ressent « aucune empathie ni pour les hommes, ni pour les femmes, ni pour les enfants ». Selon ses dires, les Palestiniens élèveraient leurs enfants pour en faire, dès le plus jeune âge, des « terroristes en devenir », allant jusqu’à qualifier ces enfants de « menace » pour les générations futures.
Ces propos ont aussitôt déclenché un flot de réactions outrées sur internet, où de nombreux internautes ont dénoncé un discours ouvertement raciste, empreint de haine et de stigmatisation. Pour Aymeric Caron, cette passagère représente un courant ultra-nationaliste qui, sous couvert de soutien à Israël, justifie ouvertement la violence contre les Palestiniens.
Cet incident survient dans un climat déjà très tendu, marqué par l’expulsion de Rima Hassan après sa détention en Israël. L’élue participait à une opération humanitaire maritime à destination de Gaza. À son retour en France, de nombreux soutiens s’étaient mobilisés à Paris pour saluer son engagement et dénoncer sa répression.
La situation à Gaza continue de se détériorer
Sur le terrain, les violences se poursuivent dans l’enclave palestinienne. Depuis la reprise des combats en mars 2025, plus de 5 000 Palestiniens ont péri sous les bombardements israéliens. Le bilan cumulé depuis le début des hostilités en octobre 2023 dépasse désormais les 55 000 morts, dont une majorité de civils, parmi lesquels de nombreux enfants et femmes.
Malgré les appels internationaux à un cessez-le-feu, les hostilités se prolongent et l’aide humanitaire reste dramatiquement insuffisante. La Cour internationale de Justice avait pourtant sommé Israël, dès janvier 2024, de prévenir tout risque de génocide et de faciliter l’acheminement de l’aide. La Cour pénale internationale est, quant à elle, allée jusqu’à délivrer des mandats d’arrêt contre plusieurs dirigeants israéliens, dont le Premier ministre Benyamin Netanyahu, pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre.
Depuis le mois de mars, les autorités israéliennes bloquent quasi-totalement les convois humanitaires vers Gaza, invoquant des impératifs sécuritaires. Une poignée de livraisons ont été autorisées, mais restent bien en deçà des besoins colossaux de la population assiégée.
Plusieurs ONG de premier plan, Médecins du Monde, Oxfam ou encore le Norwegian Refugee Council, tirent la sonnette d’alarme et qualifient la situation d’« effondrement humanitaire total », la qualifiant déjà parmi « les pires catastrophes humanitaires de notre génération ». De son côté, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a maintenu sa position ferme, déclarant qu’aucune aide supplémentaire ne sera autorisée à entrer dans la bande de Gaza.

