Le nombre de tentatives d’intrusion vers la ville occupée de Sebta (Ceuta) a dépassé 27 000 depuis le début de l’année, selon des estimations sur le terrain basées sur l’activité de surveillance côtière le long de l’axe maritime entre Fnideq et Beliones.
Les cas observés montrent que la majorité des participants sont de jeunes hommes issus de quartiers proches, certains cherchant à atteindre le territoire espagnol depuis la ville occupée et effectuent généralement leurs déplacements la nuit, en petits groupes, en utilisant des moyens de flottaison rudimentaires ou en nageant librement.
Lors de certaines nuits, le nombre de tentatives a dépassé 350 en l’espace de quelques heures. Ces tentatives impliquent des catégories variées, y compris des mineurs et des femmes, malgré la conscience des risques liés aux courants marins et à la surveillance armée entourant la ville.
Les équipes de plongée et de secours ont documenté au moins trente décès depuis le début de l’année. Parallèlement, un nombre indéterminé de personnes reste porté disparu, faute de rapports officiels de la part des autorités de Sebta ou des services consulaires espagnols.
Madrid maintient une forte présence sécuritaire à l’intérieur de la ville occupée et continue d’élargir ses capacités de surveillance maritime et terrestre, tandis que les forces déployées dans la ville considèrent les mouvements transfrontaliers le long du littoral comme une menace directe, sans prendre en compte la réalité de Sebta en tant que point de contact géographique et humain, avant même qu’elle soit un site de contrôle frontalier.
Bien qu’une partie des intrus se déplace dans le but de migrer, la ville occupée attire ce flux en raison de sa proximité effective avec le tissu social marocain.
Ce phénomène sur le terrain révèle l’ampleur du contraste entre la réalité politique imposée et la structure géographique qui continue de générer ces confrontations répétées, même si elles se produisent de manière brève et risquée.


