L’Agence Marocaine pour l’Efficacité Énergétique (AMEE) a lancé, mardi à Casablanca, le label ThermoPro, un dispositif inédit destiné à certifier les professionnels du solaire thermique et à élever le niveau de qualité des installations à travers le pays. Pensé comme un outil de structuration du marché, ce nouveau référentiel vise à garantir des prestations techniques fiables, sécurisées et durables, tout en renforçant la crédibilité des entreprises opérant dans la filière.
Présenté lors d’un atelier organisé avec le ministère de la Transition Énergétique, l’Association marocaine de l’industrie solaire et éolienne (AMISOLE), le Cluster ENR, ainsi que les partenaires internationaux GIZ et ADEME, le label entend répondre à une problématique devenue centrale : l’hétérogénéité des pratiques et des compétences qui freine encore le développement du solaire thermique au Maroc.
Pour l’AMEE, la professionnalisation du secteur constitue désormais un levier stratégique. Les bâtiments et l’industrie concentrent plus de la moitié de la consommation énergétique nationale. À eux seuls, ces deux segments représentent un potentiel considérable d’économies d’énergie et de réduction des émissions de carbone. Dans ce contexte, le solaire thermique — utilisé pour la production d’eau chaude sanitaire ou pour des besoins industriels — apparaît comme une solution immédiatement mobilisable, d’autant que le pays bénéficie d’un ensoleillement annuel estimé entre 1 700 et 2 200 kWh par mètre carré selon les régions.
ThermoPro s’adresse aux installateurs et aux bureaux d’études spécialisés. L’obtention du label atteste du respect de normes techniques strictes couvrant la conception, la pose et la maintenance des systèmes solaires thermiques. L’objectif est clair : limiter les défaillances, améliorer la performance des équipements et instaurer un climat de confiance pour les clients finaux.
Au-delà de la dimension technique, l’initiative comporte aussi un volet économique. Les entreprises certifiées pourront se démarquer sur un marché de plus en plus concurrentiel et accéder plus facilement aux financements et aux assurances, des critères devenus déterminants pour les projets énergétiques. Pour les institutions financières comme pour les investisseurs, la labellisation offre un gage de sérieux et de conformité.
Selon les responsables du secteur, la montée en compétences des professionnels reste indispensable pour libérer le potentiel d’une filière qui peine encore à décoller. Malgré l’importation de plus d’un million de mètres carrés de capteurs solaires thermiques ces dernières années, les installations demeurent inégales en qualité, ce qui freine l’adoption à grande échelle.
Un comité de labellisation, réunissant l’AMEE, l’AMISOLE et le Cluster ENR, a été chargé d’encadrer le processus d’évaluation et de garantir la transparence des attributions. Ce dispositif doit aussi favoriser le partage de bonnes pratiques et l’alignement sur les standards internationaux.
Avec ThermoPro, les autorités misent sur une filière plus structurée pour accélérer la transition énergétique nationale. Le Maroc s’est fixé des objectifs ambitieux à l’horizon 2030 : réduire de 20 % sa consommation énergétique et porter à 52 % la part des énergies renouvelables dans le mix électrique installé. La professionnalisation du solaire thermique pourrait jouer un rôle déterminant dans cette trajectoire.


