Une enveloppe budgétaire dépassant 40 millions de dirhams a été mobilisée pour la restauration et la réhabilitation des remparts historiques de Taroudant, sérieusement endommagés lors du Séisme d’Al Haouz. Ce projet patrimonial d’envergure vise à préserver l’un des symboles architecturaux majeurs de la ville tout en renforçant son attractivité en tant que destination culturelle et touristique du sud du Maroc.
Le programme prévoit une intervention structurée en deux phases couvrant plusieurs sections des remparts qui encerclent la médina. La première tranche concerne le segment reliant Bab Silsila à Bab Targhount Rahal El Meskini, en direction de Bab Oulad Bounouna. Long de 4.580 mètres, ce tronçon mobilise une enveloppe d’environ 23 millions de dirhams et devrait être réalisé sur une période estimée à dix mois. La seconde phase porte sur la section s’étendant jusqu’à Bab Zarkan, sur une longueur de 4.054 mètres, pour un coût avoisinant 16 millions de dirhams.
Le chantier est conduit sous la supervision de l’Agence de développement du Haut Atlas et du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, avec l’appui des autorités provinciales et de la commune de Taroudant. L’intervention repose sur une approche respectueuse de l’identité architecturale du site : les travaux privilégient des matériaux traditionnels et des méthodes de restauration proches de celles utilisées lors de la construction originelle.
Au-delà de la simple réparation des dégâts causés par le séisme, les travaux comprennent la consolidation structurelle des portions fragilisées du mur d’enceinte, la restauration des portes historiques ainsi que la remise en valeur esthétique de plusieurs segments du rempart. L’objectif est double : assurer la stabilité et la durabilité de l’ouvrage tout en conservant l’authenticité du patrimoine urbain de la ville.
Les remparts de Taroudant constituent l’un des ensembles fortifiés les mieux préservés du Maroc. Édifiés à l’époque saadienne, ils s’étendent sur plusieurs kilomètres et rythment l’organisation historique de la médina. Leur silhouette ocre, ponctuée de bastions et de portes monumentales, fait partie intégrante de l’identité visuelle de la cité.
Pour Mohamed Amharsi, premier vice-président du Conseil communal de Taroudant, la restauration des remparts représente l’un des projets majeurs engagés dans la ville à la suite du séisme d’Al Haouz. Il souligne que ces fortifications ne sont pas seulement un élément du paysage urbain, mais un marqueur fort de la mémoire collective locale.
Selon l’élu, la coordination entre les différents intervenants permet de garantir le respect des normes techniques appliquées aux chantiers de restauration du patrimoine historique. Les équipes veillent notamment à préserver les caractéristiques architecturales d’origine des murailles et de leurs portes emblématiques.
Le projet s’inscrit également dans une stratégie plus large de valorisation du patrimoine local. La mise en valeur des remparts et de la médina devrait renforcer l’attrait touristique de Taroudant et contribuer à dynamiser l’activité économique liée au commerce, à l’artisanat et au tourisme culturel.
L’utilisation de techniques traditionnelles adaptées aux matériaux d’origine constitue par ailleurs un choix assumé pour assurer la pérennité de l’ouvrage face aux intempéries et aux évolutions climatiques. La restauration vise ainsi à transmettre ce patrimoine aux générations futures tout en consolidant sa résistance.
Au-delà de sa dimension technique, le chantier illustre une approche de reconstruction qui cherche à transformer l’épreuve du séisme en opportunité de préservation et de valorisation du patrimoine. En restaurant ses remparts, Taroudant réaffirme le rôle central de son héritage historique dans son développement futur.


