À Washington, la vice-présidente de la Réserve fédérale américaine, Michelle Bowman, hausse le ton. Estimant que l’économie américaine montre des signes de vulnérabilité, elle appelle l’institution à adopter une stratégie plus audacieuse, avec trois baisses de taux d’intérêt avant décembre.
S’exprimant lors d’un discours prévu au Colorado, dont le contenu a été communiqué en amont à la presse, la responsable affirme qu’une action rapide éviterait « une détérioration supplémentaire » du marché de l’emploi. Trois réunions de politique monétaire restent au calendrier, mais aucune baisse n’a encore été actée pour 2025.
La semaine dernière déjà, Bowman avait rompu les rangs en s’opposant au statu quo défendu par la majorité du comité, tout comme Christopher Waller, autre gouverneur nommé par Donald Trump lors de son premier mandat. Tous deux militaient pour un assouplissement de 0,25 point afin de soutenir l’activité économique.
Selon Bowman, les fragilités observées sur le marché du travail ces derniers mois se sont accentuées, un constat renforcé par le dernier rapport sur l’emploi, jugé inquiétant par de nombreux économistes. Les créations de postes se sont avérées décevantes et les révisions de données ont assombri le tableau.
L’affaire a pris un tour politique lorsque Donald Trump a limogé l’économiste en charge de la publication de ces chiffres, accusant une manipulation destinée à lui nuire. Sans reprendre ces accusations, Bowman a toutefois regretté que les statistiques de l’emploi aient perdu en fiabilité ces dernières années.
Pour elle, la priorité est désormais de protéger l’emploi, le risque d’une poussée inflationniste passant au second plan. Les nouveaux droits de douane imposés par l’administration devraient, selon elle, n’avoir qu’un impact temporaire sur les prix. Elle table sur un retour de l’inflation à 2 % une fois ces effets dissipés.

