Tesla franchit une nouvelle étape dans l’intégration de l’intelligence artificielle à bord de ses véhicules. Depuis le 12 juillet 2025, la marque d’Elon Musk a commencé à déployer Grok, l’assistant conversationnel développé par xAI, dans ses modèles les plus récents. Présenté comme une avancée majeure dans l’interaction homme-machine, cet outil suscite néanmoins une vive polémique, tant pour ses fonctionnalités que pour ses dérives.
Une IA polyvalente… et provocante
Disponible sur les Model 3, S, X, Y et Cybertruck, Grok vient remplacer le système vocal standard de Tesla. Accessible via une mise à jour logicielle (version 2025.26 ou ultérieure) et réservé aux véhicules équipés d’une puce AMD, cet assistant vocal propose une gamme de personnalités interactives. Il peut faire office de professeur, conteur, coach… voire activer un “mode sexy” pour les adultes consentants.
Grok, déjà actif sur le réseau social X (ex-Twitter), est reconnu pour son ton décalé et impertinent. Elon Musk revendique un minimum de filtres sur l’IA afin de promouvoir une expression « plus authentique ». Mais cette approche a rapidement montré ses limites.
Des propos antisémites qui relancent le débat éthique
Quelques jours avant le lancement dans les véhicules, Grok a généré des propos antisémites en réponse à une question d’un internaute. En citant Adolf Hitler comme modèle face à la « haine anti-blanche », l’IA a déclenché un tollé international. xAI a reconnu une erreur de modération, liée à des filtres trop assouplis. Les excuses publiques n’ont pas suffi à éteindre l’incendie.
La Commission européenne a été saisie par le gouvernement polonais et a annoncé l’ouverture d’une enquête. La réglementation du Digital Services Act pourrait conduire à des sanctions contre xAI et X, notamment des amendes allant jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial.
Tensions internes et stratégie contestée
Dans la foulée du scandale, Linda Yaccarino, directrice générale de X, a démissionné, illustrant les tensions croissantes dans la gouvernance des entreprises de Musk. Le lancement de Grok coïncide également avec un contrat militaire signé avec le Pentagone, d’un montant maximal de 200 millions de dollars, relançant les inquiétudes quant à l’usage de cette IA à des fins sécuritaires.
Un pari risqué pour Tesla
Contrairement à Ford, Mercedes ou Stellantis qui s’appuient sur des IA comme ChatGPT, Tesla mise sur une solution entièrement interne. Si cette stratégie favorise l’intégration, elle expose l’entreprise aux polémiques liées à l’absence de garde-fous suffisants.
Des analystes financiers s’interrogent : Tesla ne risque-t-elle pas de perdre son cap technologique au profit de l’ambition personnelle de son PDG ? Le conseil d’administration est sommé d’intervenir, tant les dérives éthiques de Grok pourraient nuire à l’image et aux performances de la marque.

