Le tourisme marocain a bouclé l’année 2025 sur un niveau jamais atteint. Les recettes en devises générées par les voyages se sont établies à 138 milliards de dirhams à fin décembre, en hausse de 21 % par rapport à 2024. Un chiffre qui dépasse, avec un an d’avance, l’objectif de 120 milliards de dirhams fixé dans la feuille de route nationale 2023-2026, et qui confirme le changement de dimension du secteur dans l’économie du Royaume.
Cette performance s’inscrit dans un contexte de fréquentation exceptionnelle. Le Maroc a accueilli près de 20 millions de visiteurs en 2025, un volume inédit qui place la destination parmi les marchés touristiques les plus dynamiques à l’échelle régionale. Rapporté au nombre d’arrivées, le niveau des recettes traduit une montée en gamme progressive de l’offre, avec une dépense moyenne estimée à environ 6.900 dirhams par visiteur. Un indicateur suivi de près par les professionnels, car il reflète autant la durée des séjours que la diversification des expériences proposées.
L’évolution observée ne repose pas uniquement sur l’augmentation des flux internationaux. Elle est aussi le résultat d’un travail de fond engagé ces dernières années pour élargir l’offre touristique sur l’ensemble du territoire. Villes impériales, destinations balnéaires, tourisme culturel, nature, désert ou encore montagne : la carte touristique s’est densifiée, permettant de mieux répartir les retombées économiques entre les régions et d’attirer des profils de visiteurs aux attentes variées.
Le tourisme domestique a, lui aussi, joué un rôle déterminant dans cette dynamique. En 2025, les dépenses des Marocains liées aux voyages à l’intérieur du pays sont estimées à 48 milliards de dirhams. Ce niveau confirme le poids structurant de la demande intérieure, devenue un pilier de résilience pour le secteur, notamment en période de fluctuations internationales. Il traduit également l’ancrage progressif du tourisme dans les habitudes de consommation des ménages.
Pour les autorités, ce cap franchi dépasse la simple logique de volumes. La ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, Fatim-Zahra Ammor, souligne que cette progression traduit une création de valeur accrue. L’enjeu, insiste-t-elle, est de faire du tourisme un moteur durable de développement territorial, capable de générer des emplois stables et de soutenir l’économie locale dans toutes les régions du Royaume.
Avec des objectifs atteints avant l’échéance prévue, le secteur touristique marocain aborde les prochaines années avec une base solide. La consolidation des acquis, l’amélioration continue de la qualité de l’offre et l’intégration renforcée des territoires apparaissent désormais comme les leviers clés pour inscrire cette performance dans la durée et renforcer la place du tourisme parmi les piliers de l’économie nationale.


