Les autorités espagnoles ont mis au jour un dispositif inédit de trafic de résine de cannabis reliant le Maroc à l’enclave de Ceuta (Sebta), révélant un niveau d’ingénierie rarement observé dans ce type d’opérations, selon la police espagnole.
Dissimulée sous un entrepôt industriel, la structure découverte s’étend sur trois niveaux distincts. Elle comprend un puits d’accès, une zone intermédiaire dédiée au stockage des marchandises, ainsi qu’un tunnel principal équipé d’un système ferroviaire et de dispositifs de levage souterrains. L’ensemble permettait d’acheminer d’importantes quantités de haschich depuis le territoire marocain vers l’Espagne, à l’abri des contrôles traditionnels.
Cette opération s’inscrit dans un contexte où l’Espagne demeure l’une des principales portes d’entrée du cannabis en Europe. Sebta aux côtés de Melilla, constitue en effet la seule frontière terrestre entre l’Union européenne et le continent africain, en faisant un point névralgique pour les réseaux de trafic.
Selon les autorités, l’intervention a permis la saisie de 17 tonnes de résine de cannabis, ainsi que de 1,4 million d’euros en espèces. Vingt-sept personnes ont été interpellées dans le cadre de cette affaire. La valeur marchande totale de la drogue n’a pas été communiquée.
Traditionnellement, le haschich est acheminé vers les côtes espagnoles par voie maritime, notamment à bord de vedettes rapides. Mais cette découverte confirme une diversification des modes opératoires, avec le recours à des infrastructures clandestines de plus en plus élaborées.
Les données les plus récentes de l’agence européenne des drogues indiquent que l’Espagne représentait, en 2023, près de 68 % des saisies de résine de cannabis au sein de l’Union européenne, consolidant son rôle de plateforme de transit majeure.
Dans d’autres régions de l’Espagne, notamment en Galice, les autorités espagnoles ont également mis au jour ces dernières années des dispositifs tout aussi atypiques, à l’image de sous-marins artisanaux ou semi-submersibles utilisés pour transporter de la cocaïne depuis l’Amérique du Sud. Autant d’éléments qui illustrent l’évolution constante des réseaux criminels et leur capacité d’adaptation face aux dispositifs de surveillance.


