Les transferts d’argent envoyés par les Marocains résidant à l’étranger ont connu un fléchissement au premier semestre 2025, s’établissant à 55,86 milliards de dirhams contre 57,35 milliards à la même période l’an dernier, selon les données officielles publiées par l’Office des changes. Cette contraction de 2,6 % interrompt une dynamique haussière qui s’était affirmée ces dernières années, notamment à la faveur des effets post-pandémiques.
Malgré ce léger recul, le volume des fonds transférés reste élevé, confirmant le rôle structurant de la diaspora marocaine dans l’économie du pays. Ces flux monétaires continuent de jouer un rôle crucial dans la couverture des besoins des familles, le soutien à la consommation nationale et le renforcement de la balance des paiements, dans un contexte international marqué par de fortes incertitudes économiques.
Le ralentissement observé n’a pas fait l’objet d’un commentaire spécifique de l’Office des changes. Toutefois, plusieurs paramètres peuvent éclairer cette évolution. Le ralentissement économique dans certaines zones à forte concentration de MRE, la volatilité des taux de change, ou encore la montée en puissance de canaux de transfert alternatifs, notamment informels, sont autant de facteurs plausibles.
Ce tassement ravive la question de la stratégie nationale en matière de mobilisation de la diaspora. Les envois de fonds des Marocains du monde représentent une source stratégique de devises pour le Royaume, au même titre que les revenus touristiques ou les investissements directs étrangers. Leur stabilisation nécessite des politiques publiques ciblées, valorisant l’attachement de cette communauté à son pays d’origine et offrant des solutions plus attractives, sécurisées et accessibles pour l’envoi de fonds.
Le défi est donc double : préserver la confiance des expatriés et renforcer les mécanismes de transfert officiels face à une concurrence de plus en plus diversifiée. La relation entre le Maroc et sa diaspora ne peut se limiter à une approche transactionnelle ; elle exige une vision globale et durable, fondée sur la reconnaissance et l’implication active de cette population dans le développement national.


