Le prix Nobel de médecine 2025 a été attribué ce lundi 6 octobre à trois chercheurs, Mary E. Brunkow, Fred Ramsdell et Shimon Sakaguchi, pour leurs découvertes révolutionnaires sur le système immunitaire et la tolérance immunitaire. Cette avancée majeure ouvre de nouvelles perspectives pour le traitement des maladies auto-immunes et du cancer.
Le comité Nobel a salué leur travail sur les lymphocytes T régulateurs, ces cellules qui empêchent le système immunitaire d’attaquer les propres tissus de l’organisme. « Le prix Nobel de cette année illustre comment notre corps combat les microbes tout en évitant de se retourner contre lui-même », a expliqué Marie Wahren-Herlenius, professeure à l’Institut Karolinska. Chaque jour, notre système immunitaire protège l’organisme contre des milliers de virus et bactéries, mais certains pathogènes ont développé des ressemblances avec les cellules humaines pour mieux se camoufler, rendant cette régulation essentielle.
Shimon Sakaguchi, 74 ans, a ouvert la voie en 1995 en montrant qu’une tolérance immunitaire efficace ne dépendait pas uniquement de l’élimination des cellules dangereuses dans le thymus, mais aussi de l’existence d’une classe de cellules immunitaires jusqu’alors inconnue. Ces cellules jouent un rôle clé dans la prévention des maladies auto-immunes.
Mary E. Brunkow, née en 1961, et Fred Ramsdell, 64 ans, ont complété cette découverte en 2001. En étudiant certaines souris particulièrement sensibles aux maladies auto-immunes, ils ont identifié une mutation dans le gène Foxp3, également impliquée chez l’homme dans la maladie auto-immune grave appelée IPEX. Deux ans plus tard, Shimon Sakaguchi a démontré que ce gène régulait le développement des cellules qu’il avait identifiées, concrétisant ainsi la compréhension du rôle des lymphocytes T régulateurs.
Aujourd’hui, ces découvertes permettent de mieux comprendre comment contrôler le système immunitaire et ouvrent la voie à de nouveaux traitements pour des pathologies allant des maladies auto-immunes au cancer. Mary E. Brunkow poursuit ses recherches à l’Institute for Systems Biology de Seattle, tandis que Fred Ramsdell travaille chez Sonoma Biotherapeutics à San Francisco.
Le Nobel 2025 met également en lumière une question plus large : celle du financement de la recherche scientifique. Malgré les succès des chercheurs américains, les coupes budgétaires dans les programmes de recherche aux États-Unis inquiètent la communauté scientifique. Depuis janvier, les National Institutes of Health (NIH) ont supprimé 2 100 subventions, soit près de 9,5 milliards de dollars, ce qui pourrait freiner les avancées médicales futures.
Le prix Nobel, qui inclut un diplôme, une médaille d’or et un chèque de 11 millions de couronnes suédoises (près d’un million d’euros), récompense ainsi non seulement l’excellence scientifique, mais offre également une tribune mondiale pour sensibiliser à la nécessité de soutenir la recherche biomédicale.

