Dans un tournant inattendu de la diplomatie internationale, Donald Trump a annoncé mardi la levée des sanctions américaines contre la Syrie depuis Riyad, capitale saoudienne. Cette déclaration intervient à la veille d’une rencontre prévue avec le président syrien par intérim, Ahmad al-Chareh, marquant un changement majeur dans la position des États-Unis vis-à-vis de Damas, après des années de pression économique intense.
Le président américain, en déplacement dans le Golfe pour renforcer les investissements américano-saoudiens, a fait cette annonce lors du forum d’investissement à Riyad, soulignant qu’il voulait “donner une chance de grandeur” à la Syrie. Trump a précisé que cette décision faisait suite à l’insistance du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, l’un de ses hôtes clés dans la région.
Depuis la chute du régime de Bachar al-Assad en décembre dernier, le président par intérim Ahmad al-Chareh multiplie les démarches diplomatiques pour obtenir la levée des sanctions occidentales, qui freinent la reconstruction d’un pays dévasté par plus de 14 années de guerre civile. Les autorités syriennes ont qualifié cette annonce de “tournant décisif”, espérant qu’elle ouvre la voie à un redémarrage économique et politique du pays.
La Maison-Blanche a confirmé qu’une brève rencontre entre Donald Trump et Ahmad al-Chareh est prévue mercredi à Riyad. Cette réunion, bien que courte, représente un signal fort d’ouverture de la part de Washington, malgré les réserves persistantes d’Israël, qui maintient ses opérations militaires en territoire syrien.
L’administration Trump justifie cette levée des sanctions par la nécessité d’aider le peuple syrien à se relever. “Les sanctions étaient brutales et écrasantes. Elles ont eu leur utilité, mais aujourd’hui, c’est le moment d’un nouveau départ”, a déclaré Trump. Il a par ailleurs critiqué les politiques américaines passées au Moyen-Orient, accusant les gouvernements précédents d’avoir “détruit plus de nations qu’ils n’en ont construites”.
Les réactions internationales ne se sont pas fait attendre. Le porte-parole des Nations unies, Stéphane Dujarric, a salué cette décision, affirmant qu’elle contribuera à la reconstruction et à la stabilisation d’un pays meurtri. Plusieurs pays occidentaux, dont le Royaume-Uni, le Canada et certains membres de l’Union européenne, avaient déjà commencé à alléger leurs propres sanctions, sous conditions.
Cependant, des inquiétudes demeurent quant à la capacité du nouveau pouvoir syrien à garantir les droits humains, notamment après des attaques récentes visant les minorités alaouites et druzes. Washington indique rester vigilant, mais considère cette levée partielle comme un levier pour encourager un changement positif sur le terrain.


