Sous l’égide de Washington, un chapitre inédit s’ouvre dans le Caucase. Le 8 août, à la Maison Blanche, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev et le Premier ministre arménien Nikol Pachinian ont paraphé un accord mettant officiellement un terme à des décennies d’hostilités. Donald Trump, médiateur de cette réconciliation, a salué un « engagement définitif » à clore le conflit et à établir des relations diplomatiques et commerciales.
Les deux dirigeants, réunis aux côtés du président américain, ont même publiquement suggéré que ce dernier mérite le prix Nobel de la paix. Bakou et Erevan se sont engagés à respecter mutuellement leur intégrité territoriale, tout en ouvrant la voie à une coopération renforcée. L’accord, dont la portée contraignante reste floue, a reçu le soutien d’Ankara et de Paris, qui y voient une étape majeure vers la normalisation des relations bilatérales.
Ilham Aliev a proposé, avec Nikol Pachinian, d’appuyer officiellement la candidature de Donald Trump au Nobel, louant sa capacité à « faire de l’impossible une réalité ». Le président américain a de son côté annoncé la levée des restrictions sur la coopération militaire avec l’Azerbaïdjan, en vigueur depuis plusieurs années.
L’entente prévoit aussi l’ouverture d’un corridor traversant l’Arménie pour relier l’Azerbaïdjan à l’enclave du Nakhitchevan. Ce passage, revendiqué de longue date par Bakou, portera le nom de « Voie Trump pour la paix et la prospérité internationale » (TRIPP) et bénéficiera de droits de développement accordés aux États-Unis. Washington y voit un levier stratégique dans une région riche en hydrocarbures.
Si les discussions ont soigneusement évité de revenir sur la question épineuse du Haut-Karabakh, le dossier reste sensible. Cette enclave, reconnue internationalement comme azerbaïdjanaise, avait été sous contrôle de séparatistes arméniens pendant trente ans, avant de repasser entièrement sous l’autorité de Bakou après les offensives de 2020 et 2023. En mars dernier, les deux pays avaient déjà élaboré un texte de traité de paix, mais l’Azerbaïdjan conditionne sa signature à une révision de la Constitution arménienne, afin d’abandonner toute revendication sur la région. Nikol Pachinian a annoncé son intention de soumettre cette réforme à référendum en 2027, malgré la profonde division que le sujet suscite dans son pays.

