Le Marocain Youssef Zalal a vu sa série de victoires s’arrêter au sommet de l’affiche. Opposé à l’ancien champion des poids coqs Aljamain Sterling, il s’est incliné par décision unanime au terme de cinq rounds disputés lors de UFC Fight Night 274, samedi soir à Las Vegas. Une défaite sans chute brutale, mais face à un adversaire plus expérimenté dans la gestion des combats longs.
Pendant vingt-cinq minutes, le duel a tenu ses promesses. Zalal a su imposer par séquences son striking, notamment grâce à un jab précis et une tentative d’étranglement en guillotine qui a brièvement fait vaciller l’équilibre du combat au troisième round. Mais en face, Sterling a déroulé une partition maîtrisée, s’appuyant sur sa lutte, son sens du timing et sa capacité à contrôler les transitions au sol. Round après round, l’Américain a imposé son rythme, limitant les offensives du Marocain et sécurisant l’avantage aux yeux des juges.
Le combat a ressemblé à une opposition de styles parfaitement lisible : pression et contrôle pour Sterling, explosivité et opportunisme pour Zalal. Surnommé « The Moroccan Devil », le combattant casablancais a néanmoins montré des progrès notables dans la défense des takedowns, neutralisant plusieurs tentatives d’amenée au sol. Insuffisant toutefois pour inverser le cours du combat face à un ancien champion habitué aux rendez-vous majeurs.
Ce revers freine l’ascension de Zalal sans la compromettre. À 29 ans, celui qui disputait son premier main event dans l’organisation reste solidement installé parmi les prétendants de sa catégorie, aux portes du top 5. Sa dynamique récente, marquée par une série impressionnante de victoires, dont une soumission expéditive de Josh Emmett en 98 secondes, continue de peser dans l’évaluation de son potentiel. L’UFC tient en lui un profil spectaculaire, capable de rebondir rapidement dans une division particulièrement relevée.
Né à Casablanca en 1996, Zalal a découvert les sports de combat dès l’enfance à travers le kickboxing, avant de poursuivre sa progression aux États-Unis à partir de l’adolescence. Formé notamment au sein de FactoryX Muay Thai, il passe professionnel en 2017 et rejoint l’UFC en 2020. Écarté un temps après une période plus délicate, il a su relancer sa carrière en 2024 en enchaînant les performances convaincantes.
Ce week-end a d’ailleurs offert un contraste saisissant pour les sports de combat marocains. Tandis que Zalal se mesurait à l’élite mondiale en MMA, les représentants du Royaume ont brillé en kickboxing lors de Glory 107. Sur le ring de Rotterdam, plusieurs combattants marocains ont signé des performances solides, à commencer par Nabil Khachab, vainqueur au terme d’un combat engagé. Mohammed Boutasaa, Mo Touchassie et Mohammed Hamdi ont également confirmé leur montée en puissance, illustrant la vitalité du vivier marocain sur la scène internationale.
Entre frustration à Las Vegas et succès éclatants à Rotterdam, le bilan reste globalement positif. La défaite de Zalal rappelle l’exigence du très haut niveau, mais son parcours récent et son exposition en main event confirment une chose : le Maroc s’installe durablement dans la carte mondiale des sports de combat.


