Pour la première fois, des médecins du Columbia University Fertility Center, aux États-Unis, ont annoncé qu’une grossesse avait été rendue possible grâce à une technologie d’intelligence artificielle. Une prouesse scientifique qui marque un tournant dans le traitement de l’infertilité masculine, en particulier dans les cas les plus sévères.
Le couple concerné, après 19 années de tentatives et 15 cycles de fécondation in vitro, avait exploré presque toutes les options. L’homme souffre d’azoospermie, c’est-à-dire d’une absence de spermatozoïdes détectables dans l’éjaculat, une pathologie qui représente près de 10 % des cas d’infertilité masculine. Jusqu’à récemment, les solutions étaient très limitées, allant de l’usage de sperme de donneur à des techniques expérimentales souvent inefficaces.
La donne a changé avec STAR (Sperm Track and Recovery), un système innovant conçu par le Dr Zev Williams et son équipe. Inspiré des technologies utilisées en astrophysique pour repérer de nouvelles étoiles dans le ciel, STAR utilise un algorithme puissant capable d’identifier des spermatozoïdes extrêmement rares dans un environnement saturé de cellules et de débris biologiques. Une fois détectés, ces spermatozoïdes sont isolés à l’aide d’une puce fluidique et recueillis pour être utilisés immédiatement ou conservés par congélation.
Cette technologie a permis à l’équipe de retrouver 44 spermatozoïdes dans un échantillon que les embryologistes avaient scruté sans succès pendant deux jours. STAR, lui, les a repérés en moins d’une heure.
C’est ce système qui a redonné espoir à Rosie et à son mari. Après avoir tenté des interventions chirurgicales, consulté des experts à l’étranger et refusé l’usage de produits chimiques incompatibles avec leur foi, le couple a découvert le projet STAR par l’intermédiaire de leur communauté.
Ils se sont pleinement informés sur le dispositif et ont rapidement compris le potentiel de cette méthode, capable de récupérer des spermatozoïdes naturellement, sans produit altérant leur qualité. Leur cycle de mars 2025 s’est déroulé comme les précédents, sans changements particuliers. Quelques heures après le prélèvement, les médecins ont informé Rosie que ses ovules avaient bien été fécondés. Les embryons ont été transférés quelques jours plus tard.
Après le transfert, il lui a fallu deux jours pour croire qu’elle était vraiment enceinte. Aujourd’hui enceinte de quatre mois, elle poursuit un suivi obstétrical classique. Elle explique qu’elle se réveille encore le matin avec du mal à croire que cela est réellement en train d’arriver. Tant qu’elle ne voit pas les échographies, elle peine à réaliser.
Le Dr Williams, à l’origine de cette innovation, espère que STAR n’est qu’un début. Il estime que l’intelligence artificielle permettra de révéler des causes d’infertilité encore mal comprises et d’offrir des solutions aux couples jusque-là condamnés à renoncer à la parentalité.
L’histoire de Rosie, partagée dans les colonnes du Time Magazine, témoigne de cette révolution silencieuse : celle où la technologie devient l’alliée du vivant pour redonner espoir là où il semblait perdu.

