La Commission centrale de discipline de la Ligue nationale de football professionnel a rendu, le 1er mai 2026, une décision ferme à la suite des incidents survenus lors de la rencontre opposant l’AS FAR au Raja de Casablanca, disputée le 30 avril au Complexe sportif Prince Moulay Abdellah à Rabat.
Dans un contexte marqué par une recrudescence des violences dans les stades marocains, l’instance disciplinaire a opté pour un arsenal de sanctions particulièrement sévère, traduisant la gravité des faits relevés dans les rapports officiels du corps arbitral et du délégué du match.
Des violences jugées graves et structurées
Selon la commission, les incidents ne relèvent pas de simples débordements isolés. Ils s’inscrivent dans des actes caractérisés de hooliganisme, impliquant des affrontements entre supporters des deux camps, des dégradations matérielles et des agressions visant les forces de l’ordre.
Ces événements, qui ont fortement marqué l’opinion publique, ont également été pointés pour leur impact négatif sur l’image du football national, dans un contexte où le Maroc s’affirme de plus en plus comme une terre d’accueil de grands événements sportifs internationaux.
Huis clos, interdictions et sanctions financières
Dans le détail, la Commission centrale de discipline a décidé :
- cinq matchs à huis clos pour l’AS FAR ;
- trois matchs à huis clos pour le Raja ;
- l’interdiction de déplacement des supporters des deux clubs jusqu’à la fin de la saison ;
- une amende de 200.000 dirhams infligée à chaque club ;
- la prise en charge conjointe des réparations des dégâts causés au stade, après expertise ;
- et l’interdiction pour l’AS FAR de recevoir ses matchs au Complexe Moulay Abdellah jusqu’à la fin de la saison, hors compétitions internationales.
Un signal fort des autorités sportives
Au-delà des sanctions immédiates, cette décision s’inscrit dans une volonté plus large de reprendre le contrôle face à un phénomène en mutation. Le hooliganisme au Maroc tend en effet à évoluer vers des formes plus organisées, souvent amplifiées par les réseaux sociaux et des logiques de confrontation entre groupes structurés.
En ciblant simultanément les deux clubs et leurs supporters, la commission cherche à établir une responsabilité partagée, tout en envoyant un message clair : les violences dans les stades ne seront plus tolérées, quelle que soit leur origine.
Une question structurelle
Reste que ces mesures, bien que dissuasives à court terme, posent une question de fond : celle de la gestion globale de la culture des supporters au Maroc. Entre passion populaire, rivalités historiques et encadrement insuffisant, le défi dépasse désormais le cadre strictement disciplinaire.
Il appelle à une approche plus globale, mêlant prévention, responsabilisation des clubs et réforme des dispositifs de sécurité autour des événements sportifs.


