Le directeur général de Bank Al-Maghrib (BAM), Abderrahim Bouazza, a exprimé un appel pressant pour l’interconnexion des systèmes de paiement africains avec les plateformes de règlement des pays d’accueil des migrants. Cette déclaration a été faite lors d’un panel organisé par la Mission permanente du Maroc auprès des Nations Unies, à Genève, dans le cadre du Forum public de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui se déroule du 10 au 13 septembre 2024.
Lors de cet événement, Bouazza a souligné l’importance cruciale de cette interconnexion pour améliorer l’efficacité des transferts de fonds en réduisant les délais, les coûts et en renforçant la sécurité. Selon lui, l’émergence de systèmes de paiement instantané, qui reposent sur des solutions alternatives à l’argent liquide et sont à faible coût, a favorisé une concurrence accrue dans le secteur des transferts. Il a noté que ces systèmes ont le potentiel d’inclure un plus grand nombre de personnes dans le système financier et de faciliter les paiements et transferts transfrontaliers grâce à leur interopérabilité.
Bouazza a également précisé que les banques centrales africaines, dont BAM, collaborent activement pour intégrer leurs systèmes de paiement au système continental, le Pan African Payment and Settlement System (PAPSS). Cette initiative vise à soutenir le commerce intra-africain dans le cadre de la Zone de libre-échange africaine (ZLECAF). Le PAPSS permet des règlements instantanés en devises locales, fonctionnant 24h/24 et 7j/7. Il a ajouté que Bank Al-Maghrib a mis en place un système de paiement instantané en 2023 et est en train de mettre à niveau son système de règlement en temps réel pour assurer son interopérabilité avec les plateformes régionales.
Malgré ces avancées, M. Bouazza a mis en lumière les défis persistants auxquels sont confrontés les transferts des migrants en Afrique. Il a insisté sur la nécessité d’une mobilisation accrue des parties prenantes, y compris les institutions de l’ONU, les gouvernements et les banques centrales. Il a également abordé les défis liés aux corridors de transfert les plus vulnérables et coûteux, ainsi qu’à l’inclusion financière et numérique, afin de lutter contre les transferts informels.
En ce qui concerne le Maroc, M. Bouazza a observé que le pays bénéficie d’un écosystème de transferts de plus en plus compétitif pour les Marocains résidant à l’étranger. Il a souligné l’importance d’optimiser les flux financiers des migrants pour maximiser leur impact sur le développement des pays africains. Selon des enquêtes, les migrants sont susceptibles d’augmenter leurs transferts lorsque les conditions économiques dans leur pays d’origine sont favorables.
Les discussions lors du panel, intitulé « Transferts de fonds des migrants, commerce inclusif et développement », ont abordé divers sujets, notamment les coûts élevés des transferts, la fracture numérique, la non-digitalisation des paiements, les faibles niveaux d’inclusion financière, ainsi que le manque de transparence et de régulation du secteur. Ont également pris part aux débats des personnalités telles que Xiangchen Zhang, directeur général adjoint de l’OMC, Laura Thompson, sous-directrice générale des relations extérieures et institutionnelles à l’Organisation internationale du travail (OIT), et Ugochi Daniels, directrice générale adjointe de l’Organisation internationale pour les migrations.

