La Confédération démocratique du travail (CDT) a annoncé l’organisation d’une marche nationale le 28 juin à Casablanca afin de dénoncer la dégradation des conditions de vie, l’érosion du pouvoir d’achat et l’aggravation de la précarité sociale. À travers cette mobilisation, la centrale syndicale entend interpeller le gouvernement sur une série de revendications qu’elle juge prioritaires pour les salariés, les retraités et les catégories les plus vulnérables.
Dans un communiqué publié à l’issue de la réunion de son bureau exécutif, la CDT estime que le contexte social actuel est marqué par une hausse persistante du coût de la vie, une pression croissante sur les ménages et un élargissement des inégalités sociales et territoriales. Selon le syndicat, l’augmentation continue des prix, conjuguée à l’insuffisance des revenus, fragilise davantage le pouvoir d’achat des citoyens et accentue le mécontentement social.
La centrale syndicale réclame notamment une augmentation générale des salaires et des pensions de retraite, une révision de l’impôt sur le revenu ainsi que des mesures concrètes pour protéger le pouvoir d’achat. Elle appelle également à l’application des engagements sociaux déjà conclus avec les partenaires sociaux et à l’ouverture d’un dialogue social qu’elle souhaite plus efficace, assorti d’engagements exécutoires et de résultats tangibles.
La question de l’emploi figure également parmi les préoccupations mises en avant par la CDT. Le syndicat attire l’attention sur la situation des jeunes en recherche d’emploi et sur les conditions de travail de plusieurs catégories professionnelles confrontées à une forte précarité. Les agents de sécurité privée, les travailleuses et travailleurs du nettoyage, les employés de l’enseignement préscolaire ainsi que les ouvriers agricoles sont particulièrement cités parmi les secteurs où les rémunérations demeurent faibles et les garanties sociales limitées.
Concernant les retraites, la CDT réaffirme son attachement à la préservation des droits acquis et rejette toute réforme susceptible d’affaiblir les prestations ou les garanties offertes aux retraités. Elle plaide pour une réforme fondée sur l’équité et la justice sociale, tout en appelant à la mise en place d’un modèle social capable de réduire les disparités et de renforcer la cohésion territoriale.
Le syndicat exprime par ailleurs son inquiétude face à ce qu’il considère comme des atteintes aux libertés syndicales. Il demande la fin des licenciements, sanctions disciplinaires et poursuites visant des représentants syndicaux et insiste sur la nécessité de garantir pleinement le droit d’organisation syndicale et le droit de grève.
Dans le même temps, la CDT a vivement critiqué le rejet, à la Chambre des conseillers, de deux propositions de loi portées par son groupe parlementaire. La première visait à plafonner les prix des carburants afin d’atténuer leur impact sur le budget des ménages, tandis que la seconde concernait la nationalisation de la raffinerie Samir. Pour la centrale syndicale, l’abandon de ces deux textes traduit une préférence accordée aux intérêts des acteurs dominants du secteur des hydrocarbures au détriment du pouvoir d’achat, de la sécurité énergétique et des intérêts stratégiques du pays.
La CDT a également salué un récent avis international favorable à la protection du droit de grève, qu’elle considère comme une confirmation du caractère fondamental de cette liberté. Selon elle, cette position renforce les garanties reconnues aux travailleurs et rappelle aux États l’obligation de respecter ce droit dans le cadre des normes internationales.
À travers cette marche nationale prévue à Casablanca, la Confédération démocratique du travail ouvre une nouvelle séquence de mobilisation sociale. Dans un contexte marqué par les préoccupations liées à la vie chère, aux revenus et à l’emploi, cette initiative vise à accentuer la pression sur le gouvernement afin d’obtenir des réponses concrètes aux revendications portées par les salariés et les catégories populaires.


