La pratique régulière de la musculation pourrait jouer un rôle majeur dans la longévité. Une vaste étude menée auprès de plus de 147.000 adultes américains suivis pendant près de trois décennies conclut qu’un entraînement de résistance modéré, compris entre 90 et 120 minutes par semaine, est associé à une diminution notable du risque de mortalité toutes causes confondues. Les chercheurs soulignent également des bénéfices spécifiques sur les maladies cardiovasculaires et neurologiques.
Une étude de grande ampleur sur plus de 147.000 participants
Les travaux, publiés dans le British Journal of Sports Medicine, reposent sur les données de trois importantes cohortes américaines regroupant 147.374 participants, dont plus de 115.000 femmes. Les chercheurs ont analysé l’évolution des habitudes d’entraînement sur une période pouvant atteindre 30 ans et recensé près de 35.800 décès durant le suivi.
Contrairement à de nombreuses recherches antérieures basées sur une seule mesure de l’activité physique, cette étude a pris en compte les changements de comportement au fil du temps grâce à des évaluations régulières de la pratique sportive.
Le bénéfice maximal observé entre 90 et 120 minutes hebdomadaires
Les résultats montrent qu’une pratique de musculation comprise entre 90 et 119 minutes par semaine est associée à une réduction de 13 % du risque de décès toutes causes confondues par rapport aux personnes ne pratiquant aucun entraînement de résistance.
Les chercheurs ont également constaté :
- une baisse de 19 % du risque de mortalité cardiovasculaire ;
- une diminution de 27 % du risque de décès lié aux maladies neurologiques.
Au-delà de 120 minutes hebdomadaires, les bénéfices semblent toutefois plafonner. L’étude n’a pas mis en évidence d’avantage supplémentaire significatif chez les personnes consacrant davantage de temps à la musculation.
Un effet différent selon les causes de mortalité
L’analyse détaillée révèle que l’impact de la musculation varie selon les pathologies.
Concernant le cancer, les effets favorables apparaissent principalement à faible dose. Les personnes pratiquant entre une et 59 minutes de musculation par semaine présentaient un risque de mortalité par cancer inférieur à celui des participants totalement inactifs dans cette discipline.
Les auteurs avancent que les mécanismes biologiques pourraient différer selon les maladies, ce qui expliquerait pourquoi la quantité optimale d’exercice varie d’un problème de santé à l’autre.
L’association musculation et activité cardio reste la stratégie la plus efficace
L’étude confirme également que la combinaison de la musculation et de l’activité physique d’endurance offre les meilleurs résultats.
Les participants associant un niveau élevé d’activité aérobie à un entraînement de résistance régulier affichaient les risques de mortalité les plus faibles de l’ensemble de la cohorte. À l’inverse, la musculation seule procurait un bénéfice plus modeste que les activités cardiovasculaires comme la marche rapide, le vélo ou la course à pied.
Selon les chercheurs, ces deux formes d’exercice agissent par des mécanismes complémentaires. L’activité aérobie améliore notamment les capacités cardiorespiratoires, tandis que la musculation contribue davantage au maintien de la masse musculaire, de la force et du métabolisme du glucose.
Des enseignements utiles pour les recommandations de santé publique
Les conclusions de cette recherche confortent les recommandations internationales encourageant la pratique conjointe d’exercices cardiovasculaires et de renforcement musculaire.
Les auteurs estiment que consacrer entre une heure et demie et deux heures par semaine à la musculation constitue un objectif réaliste et potentiellement bénéfique pour la santé à long terme. Cette durée apparaît comme le niveau où les gains en matière de longévité sont les plus marqués, sans nécessité d’augmenter fortement le volume d’entraînement.
Si l’étude présente certaines limites, notamment le recours à des données déclaratives et une population majoritairement composée de professionnels de santé blancs d’âge moyen ou avancé, elle constitue à ce jour l’une des analyses les plus complètes sur les liens entre musculation, activité physique et mortalité.


