Crédit immobilier 2026 : baisse des taux, avantage aux fonctionnaires et aux femmes
Le taux annuel effectif global moyen des crédits immobiliers au Maroc s’établit à 5,50 % en février 2026, en repli de 17 points de base sur un an. D’après le dernier baromètre mensuel de afdal.ma, cette baisse replace les conditions de financement à des niveaux proches de ceux observés en 2023.
En février 2025, le TAEG atteignait 5,67 %. Le reflux constaté s’explique par une concurrence plus vive entre les douze banques partenaires référencées sur la plateforme, combinée aux orientations monétaires favorables au financement du logement impulsées par Bank Al-Maghrib.
Sur les 339 offres éligibles étudiées ce mois-ci, issues d’un ensemble de 4 000 produits intégrés, le taux nominal moyen hors taxes ressort à 4,63 %. L’assurance décès invalidité, pour sa part, demeure stable à 0,40 % depuis un an.
Des écarts significatifs selon le profil
Derrière cette moyenne nationale, les différences restent marquées. Le baromètre met en évidence un écart de 53 points de base entre le TAEG moyen des retraités, fixé à 5,15 %, et celui des chefs d’entreprise, qui atteint 5,68 %.
Dans le détail, les meilleures conditions varient sensiblement selon le statut professionnel. Un fonctionnaire peut obtenir un TAEG de 4,86 % auprès de la Banque D. À l’inverse, un chef d’entreprise accède au mieux à 5,15 % auprès de la Banque A. Cette dernière se distingue également par une assurance particulièrement compétitive à 0,191 % pour les salariés du privé, soit près de deux fois moins que la moyenne du marché.
Souvent reléguée au second plan lors des simulations, l’assurance emprunteur représente pourtant une composante déterminante du coût total du crédit immobilier.
Les fonctionnaires profitent davantage de la détente
Le secteur public bénéficie d’un TAEG moyen de 5,18 %, contre 5,50 % pour les salariés du privé. L’écart de 32 points de base s’explique en grande partie par le mécanisme de prélèvement à la source, qui sécurise les remboursements et réduit le risque pour les établissements bancaires.
Autre élément notable, le TAEG appliqué aux fonctionnaires a reculé de 13,6 points de base en un seul mois, soit la baisse mensuelle la plus prononcée observée depuis un an.
Pour un crédit de 800 000 dirhams contracté sur 25 ans, la différence de taux entre public et privé représente environ 18 000 dirhams d’économie cumulée.
Les femmes empruntent des montants plus élevés
Le baromètre révèle également une évolution sociologique intéressante. Les femmes qui simulent un crédit immobilier empruntent en moyenne 773 000 dirhams, contre 732 000 dirhams pour les hommes, soit un écart de 41 000 dirhams.
Leur revenu moyen déclaré est également supérieur, atteignant 17 048 dirhams mensuels, contre 14 829 dirhams pour les hommes. Elles représentent désormais 33 % des emprunteurs recensés sur la plateforme.
Ces données, issues de plus de 1,2 million de simulations, traduisent une transformation progressive du marché immobilier marocain et une présence féminine plus affirmée dans l’accès à la propriété.
Un marché dominé par les trentenaires
Le profil type de l’emprunteur au Maroc se dessine plus clairement. Près de 47,3 % ont entre 30 et 39 ans, principalement des primo-accédants stabilisés professionnellement. Les 20 à 29 ans représentent déjà 22 %, confirmant l’intérêt croissant des jeunes actifs pour l’achat immobilier. La durée de remboursement privilégiée reste de 25 ans, choisie par 72,3 % des emprunteurs.
Les montants varient fortement selon le statut. Les salariés du privé empruntent en moyenne 880 000 dirhams, contre 668 000 dirhams pour les fonctionnaires. Les commerçants sollicitent des montants bien plus élevés, autour de 3,1 millions de dirhams, mais affichent également le taux d’endettement le plus important, à 37,8 %. Les auto-entrepreneurs atteignent en moyenne 1,07 million de dirhams. Les retraités, pour leur part, optent pour des durées plus courtes, d’environ 10,8 ans.
Des différences notables entre banques
Parmi les sept banques classées sur les douze partenaires du baromètre, la Banque A se positionne en tête avec un TAEG moyen de 4,84 % et une assurance à 0,17 %, particulièrement compétitive.
À l’autre extrémité du classement, la Banque F affiche un TAEG de 5,55 %. Sur un crédit de 800 000 dirhams sur 25 ans, l’écart entre les deux établissements peut dépasser 30 000 dirhams sur la durée totale du prêt.
La Banque P1, unique établissement participatif du panel, présente un TAEG Mourabaha de 6,50 %, reflétant un mode de financement distinct.
Un marché plus concurrentiel mais toujours segmenté
La baisse du TAEG moyen confirme un assouplissement des conditions de crédit immobilier au Maroc en ce début d’année 2026. La concurrence bancaire s’intensifie, mais les écarts restent significatifs selon le profil, le statut professionnel et le niveau de risque associé à chaque emprunteur.
Dans ce contexte, comparer les offres avec précision, en intégrant à la fois le taux nominal et l’assurance, demeure essentiel pour optimiser le coût global d’un financement immobilier.


