L’Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle a décidé de prendre des mesures disciplinaires à l’encontre de Radio Mars, après la diffusion de contenus considérés comme inappropriés à l’antenne.
Dans une décision rendue publique, l’instance de régulation a ordonné la suspension, pour une durée d’une semaine, de l’émission « La vérité en 90 minutes », tout en adressant un avertissement formel à la station. Cette sanction fait suite à des propos jugés offensants visant un joueur de la sélection nationale, tenus lors d’une analyse portant sur la finale de la Coupe d’Afrique des Nations.
La radio a été tenue de diffuser le communiqué de sanction sur ses ondes, conformément aux règles en vigueur, à l’horaire habituellement réservé au programme concerné.
Une exigence renforcée sur l’éthique des contenus
Dans son argumentaire, la HACA insiste sur la responsabilité particulière des médias sportifs, appelés à encadrer le débat public dans un esprit de respect et de professionnalisme. L’institution souligne que les contenus diffusés ne peuvent en aucun cas porter atteinte à la dignité des personnes ou s’écarter des standards éthiques attendus dans l’espace audiovisuel.
Elle appelle également les opérateurs à renforcer leurs mécanismes internes de contrôle éditorial afin d’éviter la répétition de tels écarts.
Dans son communiqué le conseil relève également que le glissement vers des formes de narration médiatique marquées par une violence, qu’elle soit verbale ou symbolique, est de nature à fragiliser l’environnement sportif. De telles pratiques peuvent, en effet, accroître l’exposition du public et des acteurs du sport à différents types de dérives, tout en contribuant à banaliser ces comportements au sein de la société.
Une orientation jugée incompatible avec la vocation éducative et culturelle du journalisme sportif. L’instance note, par ailleurs, que ce manquement s’inscrit dans une série d’écarts précédemment observés, appelant à un renforcement des mécanismes de responsabilité éditoriale et des dispositifs d’autorégulation au sein du média concerné.
Dans ce cadre, le Conseil rappelle que cette décision s’inscrit pleinement dans la mission de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle, qui consiste à garantir au citoyen un accès à des contenus respectueux des standards éthiques et contribuant à la qualité du débat public.
Des précédents déjà relevés
Cette décision s’inscrit dans un historique marqué par plusieurs rappels à l’ordre. En 2019, la HACA avait déjà sanctionné la station après la diffusion de propos à caractère sexiste et dévalorisant, jugés contraires au respect de la dignité humaine. L’autorité avait alors ordonné la suspension de certaines émissions pendant quinze jours, en réponse à des contenus véhiculant des stéréotypes et des discours jugés inacceptables dans le paysage médiatique.
Cette sanction intervenait elle-même dans un contexte de manquements répétés, l’instance ayant relevé plusieurs infractions antérieures liées au non-respect des règles encadrant les contenus audiovisuels, notamment en matière d’éthique et de responsabilité éditoriale.


