L’immobilier marocain a démarré l’année 2026 sur une note de repli. Selon les dernières données publiées conjointement par Bank Al-Maghrib et l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie, l’Indice des Prix des Actifs Immobiliers (IPAI) a enregistré une baisse de 0,4 % au premier trimestre de l’année par rapport à la même période de 2025.
Cette évolution traduit un ralentissement qui touche l’ensemble des segments du marché. Les prix des biens résidentiels et des terrains ont reculé de 0,6 %, tandis que ceux des biens à usage professionnel ont affiché une légère diminution de 0,1 %.
Le repli des prix s’accompagne d’une contraction de l’activité. Sur les trois premiers mois de l’année, le nombre de transactions immobilières a chuté de 9,3 % en glissement annuel. Les ventes de biens résidentiels ont diminué de 10,7 %, celles des terrains de 6,8 %, alors que les biens à usage professionnel ont enregistré une baisse de 3,6 %.
Les principales villes du Royaume n’ont pas échappé à cette tendance. À Rabat, les prix ont reculé de 4,7 %, soit la plus forte baisse observée parmi les grandes agglomérations. Casablanca a enregistré un repli de 2,7 %, Marrakech de 1,5 % et Tanger de 3,9 %.
Le ralentissement est encore plus marqué du côté des transactions. Rabat affiche une chute de 55,4 % des ventes immobilières sur un an. Marrakech suit avec une baisse de 53,3 %, tandis que Casablanca et Tanger enregistrent respectivement des reculs de 37,8 % et 36,4 %. Ces chiffres illustrent un marché caractérisé par une demande plus prudente et un rythme d’échanges moins soutenu qu’au cours des périodes précédentes.
L’évolution trimestrielle confirme également cette orientation. Comparé au quatrième trimestre de 2025, l’IPAI a diminué de 2,4 %. Toutes les catégories d’actifs immobiliers sont concernées. Les prix des biens résidentiels et des terrains ont baissé de 3 %, alors que ceux des biens à usage professionnel ont reculé de 0,8 %.
Dans le même temps, le volume des transactions a connu une forte correction, avec une baisse globale de 40,2 % par rapport au trimestre précédent. Les ventes de terrains ont enregistré le recul le plus important (-45,9 %), suivies par les biens résidentiels (-38,4 %) et les biens à usage professionnel (-40,2 %).
Ces résultats traduisent une phase d’ajustement du marché immobilier marocain après plusieurs périodes marquées par des fluctuations de prix et de volumes. L’évolution des conditions de financement, la capacité d’investissement des ménages et des entreprises ainsi que la dynamique économique nationale seront déterminantes pour l’orientation du secteur au cours des prochains mois.


