Le monde des médias marocains est en deuil. Saïd El Jadidi, figure emblématique de la presse en langue espagnole, est décédé samedi soir dans sa ville natale de Tétouan, laissant derrière lui un héritage médiatique et culturel majeur.
Un pionnier du journalisme hispanophone au Maroc
Reconnu comme l’un des fondateurs de la presse hispanophone dans le Royaume après l’indépendance, Saïd El Jadidi restera dans l’histoire comme le premier journaliste à avoir présenté un journal télévisé en espagnol sur la télévision nationale. Ce rôle précurseur a ouvert la voie à la reconnaissance et à l’essor de cette langue dans le paysage audiovisuel marocain.
Un bâtisseur de passerelles entre le Maroc et l’Espagne
Au-delà de l’information, Saïd El Jadidi a toujours œuvré pour le dialogue interculturel. Son travail a largement contribué à consolider les liens entre Rabat et Madrid, faisant de la langue espagnole un outil de rapprochement entre les deux sociétés. Sa disparition marque la fin d’une époque où la presse se vivait aussi comme un vecteur diplomatique et culturel.
Un traducteur passionné au service du patrimoine
En parallèle de sa carrière journalistique, il s’est consacré à la traduction vers l’espagnol de plusieurs textes religieux et culturels de référence. Parmi les ouvrages qu’il a adaptés figurent Al-Chamâ’il al-Mohammadia, La description de la prière d’Ibn al-Outhaymine, Al-Kalim al-Tayyib d’Ibn Taymiyya ou encore La citadelle du musulman. Ces contributions éditoriales ont renforcé la diffusion du patrimoine arabo-islamique auprès d’un lectorat hispanophone.
Un vide dans le paysage médiatique marocain
Avec son décès, le Maroc perd non seulement un journaliste chevronné mais aussi un acteur essentiel de la promotion du multilinguisme. Saïd El Jadidi a marqué plusieurs générations de professionnels et demeure un modèle pour les jeunes journalistes qui choisissent de travailler en espagnol, langue toujours vivante dans le nord du pays et au-delà.

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