Le Maroc et l’Inde s’apprêtent à renforcer leur coopération dans le domaine de la recherche agronomique, avec la préparation d’un nouveau plan d’action destiné à développer les projets scientifiques communs et à favoriser le partage des ressources et des connaissances. Le sujet a été au cœur d’une rencontre tenue jeudi à Rabat entre la directrice de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), Lamiae Ghaouti, et l’ambassadeur de l’Inde au Maroc, Sanjay Rana.
Les discussions s’inscrivent dans le cadre d’un programme intergouvernemental appelé à définir les prochaines priorités de la coopération entre le Royaume du Maroc et la République de l’Inde. Le volet consacré à la recherche agronomique devrait ainsi occuper une place centrale dans le futur dispositif bilatéral.
S’exprimant auprès de la MAP, Sanjay Rana a rappelé que les relations entre les deux pays reposent depuis plusieurs années sur des échanges dans les secteurs de l’agriculture, de la recherche et du développement. Cette collaboration associe notamment l’Indian Council of Agricultural Research (ICAR) et l’INRA, qui travaillent ensemble à travers des échanges de chercheurs et le partage d’expériences et de bonnes pratiques.
Les deux partenaires étudient actuellement les contours d’un nouveau programme de travail pour les années à venir. Celui-ci devrait notamment favoriser le lancement de projets de recherche collaborative, ainsi que les échanges de germoplasme et de résultats scientifiques.
Cette coopération répond aussi à des problématiques agricoles largement partagées par le Maroc et l’Inde. Les deux pays font face à des contraintes liées à la disponibilité des ressources hydriques et cherchent à améliorer durablement la productivité agricole. Les travaux envisagés portent notamment sur la fertilité des sols et l’amélioration de la production alimentaire, avec une attention particulière accordée aux légumineuses.
Pour sa part, Lamiae Ghaouti a expliqué que la visite de l’ambassadeur indien avait notamment pour objectif d’examiner les axes liés à la recherche agronomique susceptibles d’être intégrés au prochain programme d’action bilatéral. Les échanges ont porté sur plusieurs filières et thématiques jugées prioritaires, notamment les légumineuses, la mécanisation agricole et l’arboriculture.
L’olivier, les agrumes et le pommier figurent parmi les secteurs évoqués au cours des discussions. Les deux parties souhaitent désormais traduire ces échanges en un plan d’action concret, avec des projets susceptibles de contribuer au développement agricole et à la sécurité alimentaire au Maroc comme en Inde.
Le partenariat scientifique entre l’INRA et les institutions indiennes de recherche agricole ne date pas d’hier. Il remonte à 1996, année durant laquelle une mission exploratoire avait été organisée à l’invitation de l’ICAR. Cette dynamique avait ensuite été officialisée par un premier accord de coopération entre l’INRA et l’ICAR couvrant la période 1997-2001, avant de s’inscrire dans le cadre plus large de la coopération intergouvernementale entre le Maroc et l’Inde.
Au fil des années, ce partenariat s’est étendu à plusieurs domaines de recherche et d’innovation agricole. Il comprend notamment les échanges de ressources génétiques, la biotechnologie, l’agriculture biosaline, la gestion de l’irrigation, la mécanisation agricole, le transfert de technologies, le renforcement des compétences et la mobilité des chercheurs.
Entre 2013 et 2018, cette coopération avait notamment donné lieu au projet IMILA, doté d’une enveloppe de 35,9 millions de dirhams. Le programme visait à contribuer à la sécurité alimentaire, à améliorer les revenus des petits agriculteurs et à promouvoir des pratiques agricoles plus durables.
Le renforcement des capacités constitue également un volet du partenariat maroco-indien. Des chercheurs de l’INRA ont ainsi bénéficié de programmes de formation et de mobilité, notamment à travers les bourses de l’ICCR et le programme e-ITEC. Entre 2018 et 2024, sept chercheurs de l’institut marocain ont profité de ces dispositifs.
Avec la préparation d’un nouveau plan d’action, Rabat et New Delhi entendent ainsi donner un nouvel élan à leur coopération scientifique et agricole, en concentrant leurs efforts sur des enjeux communs tels que la gestion de l’eau, la productivité des cultures, la fertilité des sols, la mécanisation et la sécurité alimentaire.

