Mohamed Boudrika
, ancien député et ex-président du Raja Club Athletic, a comparu ce mardi devant la chambre correctionnelle du tribunal de première instance d’Aïn Sebaâ à Casablanca. Visiblement éprouvé, il a livré une déclaration marquée par l’émotion, dans laquelle il a exprimé le profond bouleversement que cette affaire judiciaire a provoqué dans sa vie.
Extradé d’Allemagne en avril dernier, Boudrika est poursuivi pour des accusations graves : falsification de documents, obtention frauduleuse de certificats administratifs, escroquerie, émission de chèques sans provision et abus de confiance. Il est incarcéré à la prison d’Aïn Sebaâ depuis son retour au Maroc.
Arrêté à Hambourg le 16 juillet 2024 sur la base d’un mandat d’arrêt international émis par les autorités marocaines, il avait, selon plusieurs sources, prévu une rencontre avec l’entraîneur du Raja à l’époque, l’Allemand Josef Zinnbauer, afin de discuter de son avenir au sein du club. Cette arrestation, suivie de son extradition le 24 avril, a marqué un tournant brutal dans son parcours.
Lors de l’audience de ce mardi, Mohamed Boudrika a réaffirmé son innocence et demandé que les pièces à conviction soient soumises à une expertise technique indépendante, rejetant les accusations portées contre lui. Il a plaidé pour un jugement équitable, soulignant l’impact dévastateur de cette procédure judiciaire sur sa vie professionnelle, politique et familiale.
« Depuis le début de cette affaire, tout s’est effondré autour de moi », aurait-il confié, avant d’ajouter : « Même si je suis blanchi, comment vais-je faire face à la rue, à mes proches, à ma réputation ? »
Ancien président du conseil de la préfecture de Mers Sultan, Boudrika avait également été élu député avant d’être déchu de son mandat par la Cour constitutionnelle en janvier dernier. Il affirme aujourd’hui avoir été « détruit » par cette affaire, dont il conteste fermement le fondement.
Le tribunal a décidé de mettre le dossier en délibéré. Le verdict est attendu dans les prochaines heures.



