Lundi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a exhorté les habitants de Gaza à quitter les lieux « sans attendre », au moment où l’armée israélienne poursuit son avancée terrestre et multiplie les frappes sur ce principal centre urbain du territoire palestinien.
Cet appel intervient quelques heures après une attaque meurtrière à Jérusalem-Est : deux Palestiniens ont ouvert le feu près d’une station de bus, tuant six personnes. Il s’agit de l’une des attaques les plus sanglantes dans la Ville sainte depuis le déclenchement de la guerre, il y a près de deux ans. Les deux assaillants ont été abattus. L’ONU, la France, l’Allemagne, l’Union européenne ainsi que la présidence palestinienne ont immédiatement condamné l’attentat.
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Offensive terrestre et lourdes pertes civiles
Selon la Défense civile de Gaza, placée sous l’autorité du Hamas, au moins 39 personnes ont péri lundi dans des frappes israéliennes, dont 25 à Gaza-ville. L’armée israélienne affirme pour sa part avoir détruit en deux jours une cinquantaine de bâtiments qualifiés de « tours terroristes » et revendique le contrôle d’environ 40 % de l’agglomération. Elle a confirmé la mort de quatre de ses soldats dans les combats.
Les images relayées montrent des immeubles s’effondrant dans un nuage de poussière. Gaza-ville, considérée comme l’ultime bastion du Hamas, est désormais au cœur de la stratégie militaire israélienne. Mais pour les habitants, l’injonction à fuir est presque impossible à suivre. « Où voulez-vous que nous allions ? Il n’y a plus de place dans le sud et nous n’avons rien », s’indigne une résidente, Oum Ahmed.
À l’hôpital Al-Chifa, des familles pleuraient leurs proches tués dans des bombardements ayant visé des tentes de déplacés. Des scènes déchirantes ont été rapportées : des femmes sanglotant près des corps d’enfants, un père caressant le visage de son bébé enveloppé dans un linceul.
Entre pressions diplomatiques et tentatives de médiation
Dans ce contexte, une source proche du Hamas affirme que le mouvement a reçu « des idées » transmises par les États-Unis en vue d’un cessez-le-feu. Ces propositions reprendraient les grandes lignes des précédentes tentatives de trêve, prévoyant notamment la libération des otages israéliens capturés le 7 octobre 2023.
Israël continue de poser comme condition leur libération immédiate et la reddition du Hamas. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a lancé un avertissement solennel : « Libérez les otages et déposez les armes, ou Gaza sera réduite en cendres. » L’ancien président américain Donald Trump, soutien affiché d’Israël, a lui aussi affirmé que « le temps des ultimatums est venu ».
Le Hamas, de son côté, réaffirme sa disponibilité pour des négociations, mais en échange de garanties : la fin de l’offensive et le retrait total de l’armée israélienne de la bande de Gaza. Des conditions qu’Israël refuse catégoriquement, son objectif déclaré restant la destruction du mouvement islamiste et la prise de contrôle sécuritaire du territoire.
Fracture diplomatique avec l’Europe
Sur le plan international, les tensions s’aiguisent avec plusieurs capitales européennes. Madrid a rappelé son ambassadrice à Tel-Aviv, après que le Premier ministre Pedro Sanchez a accusé Israël de commettre un « génocide » à Gaza. La réponse israélienne ne s’est pas fait attendre : le chef de la diplomatie a accusé le gouvernement espagnol de « se ranger du côté du Hamas ».
Bilan humain toujours plus lourd
Depuis le 7 octobre 2023, la guerre a coûté la vie à plus de 64.500 Palestiniens, tués dans les bombardements israéliens en près de deux ans de conflit tandis que 1.219 personnes ont péri côté israélien.

