Le bilan de l’attaque menée par l’armée américaine contre un pétrolier au large d’Oman s’est alourdi. Les trois marins indiens portés disparus après l’intervention militaire ont été retrouvés morts, a annoncé jeudi le ministre indien des Transports maritimes, Sarbananda Sonowal. Leur décès a été confirmé après l’identification de leurs corps.
L’incident s’est produit mercredi lorsqu’un avion de combat américain a ouvert le feu sur le Setebello, un pétrolier battant pavillon des îles Palaos. Selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), le navire transportait du pétrole iranien en violation du blocus imposé par Washington contre les exportations énergétiques de Téhéran.
L’armée américaine affirme que l’équipage a refusé de se conformer aux injonctions des forces déployées dans la zone. Les tirs auraient alors visé la salle des machines du bâtiment afin de neutraliser sa capacité de navigation. Au moment de l’attaque, 24 marins de nationalité indienne se trouvaient à bord du pétrolier.
La mort des trois membres d’équipage a provoqué une vive réaction à New Delhi. Les autorités indiennes ont convoqué le chargé d’affaires américain afin de lui faire part de leur protestation officielle. Cette démarche diplomatique traduit les inquiétudes de l’Inde face aux risques croissants auxquels sont exposés ses ressortissants travaillant dans le transport maritime international.
Le Setebello est le huitième navire intercepté ou neutralisé depuis le début du blocus maritime mis en place par les États-Unis contre les exportations pétrolières iraniennes. Quelques jours auparavant, un autre pétrolier immatriculé aux îles Palaos, le Marivex, avait également été pris pour cible dans les mêmes eaux. Les 24 marins indiens présents à son bord avaient alors été secourus par les autorités omanaises lors d’une opération d’évacuation.
Cette nouvelle attaque intervient dans un contexte de fortes tensions au Moyen-Orient. Depuis l’élargissement du conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran, la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz est fortement perturbée. Cette voie stratégique, située entre le golfe Persique et l’océan Indien, constitue l’un des principaux corridors énergétiques de la planète.
Près de 20 % du pétrole et du gaz échangés dans le monde transitent habituellement par le détroit d’Ormuz. Toute escalade militaire dans cette zone sensible suscite donc une attention particulière des marchés internationaux et des acteurs du commerce maritime, qui redoutent de nouvelles perturbations de l’approvisionnement énergétique mondial.


