Depuis le coup de sifflet final de la CAN 2026, remportée par le Maroc aux dépens du Sénégal, la rencontre continue de susciter commentaires et controverses. Arbitrage, organisation, billetterie ou encore conditions de préparation : plusieurs voix sénégalaises ont exprimé leurs réserves sur le déroulement de cette finale disputée à Rabat. Une situation qui a conduit Fouzi Lekjaa à sortir du silence pour répondre publiquement aux critiques.
Invité de l’émission « Magharib » sur la plateforme Al Jazeera 360, le président de la Fédération Royale Marocaine de Football a livré sa lecture des événements, défendant à la fois le travail du comité d’organisation et la légitimité du titre décroché par les Lions de l’Atlas.
Une polémique née dans les dernières minutes
Pour le responsable marocain, une grande partie des tensions trouve son origine dans l’action qui a marqué la fin de la finale : le penalty accordé au Maroc dans les ultimes instants du match.
Selon lui, cette décision arbitrale a provoqué une vague de contestation sans précédent. Il affirme n’avoir jamais assisté, au cours de sa carrière, à une réaction aussi vive face à un choix de l’arbitre au sein d’une finale de cette envergure.
Fouzi Lekjaa estime que le débat aurait dû rester strictement sportif et considère que les images de l’action parlent d’elles-mêmes. À ses yeux, la décision prise sur le terrain ne souffre d’aucune ambiguïté.
« Le trophée n’a pas été offert au Maroc »
Face aux accusations de favoritisme, le président de la FRMF rejette catégoriquement l’idée selon laquelle la sélection nationale aurait bénéficié d’un quelconque avantage.
Il rappelle que le Maroc a dû batailler tout au long du tournoi et souligne que certaines rencontres, notamment lors des phases à élimination directe, ont démontré la capacité du groupe à faire face à la pression.
Pour lui, le parcours des Lions de l’Atlas constitue la meilleure réponse aux soupçons qui ont émergé après la finale. Il considère que la victoire est avant tout le résultat d’un travail sportif accompli sur plusieurs années.
Des infrastructures choisies bien avant la finale
L’un des sujets les plus débattus concerne les conditions d’accueil de la sélection sénégalaise à Rabat.
Sur ce dossier, Lekjaa insiste sur un point : les hôtels et centres d’entraînement n’ont pas été attribués après la qualification des finalistes, mais dans le cadre d’un plan élaboré longtemps avant le début de la compétition.
Il explique que le Sénégal disposait de ses installations à Tanger durant le tournoi et que le déplacement vers Rabat, imposé par la finale, nécessitait naturellement une nouvelle organisation.
Selon lui, lorsque certaines propositions n’ont pas convenu à la délégation sénégalaise, d’autres solutions ont immédiatement été mises sur la table. Le responsable marocain assure même que plusieurs terrains d’entraînement ont été proposés afin que les représentants sénégalais puissent choisir eux-mêmes celui qui répondait le mieux à leurs attentes.
Pour illustrer son propos, il rappelle que les changements de résidence et de centres de préparation sont fréquents dans les compétitions internationales, y compris lors de la Coupe du monde actuellement disputée aux États-Unis.
La question sensible des billets
Autre point régulièrement évoqué depuis la finale : la présence massive des supporters marocains dans les tribunes du stade.
Fouzi Lekjaa rappelle que la commercialisation des billets relevait exclusivement de la Confédération africaine de football et que les places étaient disponibles plusieurs semaines avant le début du tournoi.
Selon lui, l’engouement populaire autour de la finale explique naturellement la forte présence du public marocain. Il affirme également qu’un quota spécifique a été réservé aux supporters sénégalais et que des places supplémentaires leur ont même été accordées.
Pour le président de la FRMF, il serait injuste d’attribuer aux organisateurs marocains des difficultés liées à une demande largement supérieure à l’offre disponible.
Préserver les relations entre Rabat et Dakar
Malgré la virulence de certaines critiques, Lekjaa refuse de voir dans cette affaire une source de tension durable entre les deux pays.
Le dirigeant insiste sur la profondeur des liens qui unissent le Maroc et le Sénégal, rappelant qu’ils dépassent largement le cadre du football. Il souligne que les relations institutionnelles entre les deux fédérations restent intactes et que la coopération sportive se poursuit normalement.
Il évoque également les visites effectuées au Maroc par plusieurs responsables africains, notamment dans les infrastructures sportives de Tanger et au Complexe Mohammed VI, régulièrement cité comme modèle sur le continent.
Le Maroc revendique une CAN réussie
Au-delà des débats liés à la finale, Fouzi Lekjaa considère que l’organisation de la CAN 2026 restera avant tout comme une réussite pour le Royaume.
Il met en avant la qualité des infrastructures, la gestion logistique de l’événement ainsi que la capacité du pays à accueillir une compétition de cette ampleur dans des conditions qu’il juge exemplaires.
Selon lui, les nombreuses appréciations positives reçues de la part d’instances sportives internationales et de délégations participantes témoignent du niveau atteint par le Maroc dans l’organisation des grands rendez-vous du football mondial.
Pour le président de la FRMF, les polémiques apparues après la finale ne doivent pas occulter l’essentiel : un tournoi disputé dans de bonnes conditions et un titre remporté sur le terrain par une sélection marocaine qu’il estime pleinement méritante.

