Un plongeur en apnée croate, Vitomir Maričić, a marqué l’histoire en battant un record emblématique en restant immergé sans respirer pendant près de 30 minutes. Ce prodigieux exploit, réalisé le 14 juin, visait également à sensibiliser le public à la protection des océans et à l’importance de préserver les écosystèmes marins.
Dans une piscine équipée et sous le regard attentif de juges d’AIDA et d’une équipe de soutien, Vitomir s’est allongé sur le ventre, soutenu par des frites flottantes, le visage immergé et agrippé aux bords du bassin. Après avoir pris une dernière inspiration grâce à une bouteille d’oxygène, il est resté immobile, concentré et calme, pendant exactement 29 minutes et 3 secondes, surpassant le précédent record de 24 minutes 37 secondes détenu par Budimir Šobat depuis 2021.
Les images accélérées montrent le temps défiler autour de lui alors qu’il reste parfaitement immobile. Lorsqu’il émerge enfin, retirant ses lunettes de natation sous les applaudissements, il ne montre aucun signe de détresse respiratoire, illustrant l’extraordinaire maîtrise de son corps et de son esprit. Vitomir a confié à Diver Net que, après le cap des 20 minutes, l’épreuve devenait plus facile mentalement, malgré des contractions diaphragmatiques intenses et un effort physique considérable. « Mais je savais que je n’allais pas abandonner », a-t-il déclaré, révélant la force mentale nécessaire pour un tel exploit.
Au fil des décennies, les records de plongée en apnée ont connu une progression spectaculaire. De 13 minutes 42 secondes en 1959 par Robert Foster (USA) à près de 30 minutes aujourd’hui, l’aptitude humaine à retenir son souffle s’est considérablement améliorée grâce à des entraînements spécifiques et à une préparation rigoureuse.
Le corps humain subit des changements majeurs lorsqu’il retient sa respiration. Selon WebMD, les niveaux d’oxygène diminuent tandis que le dioxyde de carbone s’accumule, provoquant un état d’hypoxie. Après quelques minutes, les organes commencent à réagir, le cœur peut battre irrégulièrement et des dommages aux reins ou au foie sont possibles. Ignorer ces signaux peut entraîner des évanouissements, des convulsions ou des lésions cérébrales.
Les plongeurs en apnée professionnels apprennent à contrôler ces mécanismes en combinant respirations profondes, relaxation mentale et déclenchement du réflexe mammifère. Cette réaction naturelle ralentit le rythme cardiaque, redirige le sang vers les organes vitaux et permet à la rate de libérer des globules rouges stockant l’oxygène. En parallèle, ils développent une capacité pulmonaire accrue et une tolérance élevée au dioxyde de carbone, leur permettant de prolonger l’apnée tout en préservant leur santé.
Vitomir Maričić ne s’est pas improvisé détenteur de record. Neuf mois d’entraînement intensif ont précédé cette performance, où chaque respiration, chaque contraction et chaque seconde sous l’eau ont été minutieusement préparées. Au-delà de la prouesse sportive, cet exploit rappelle la fragilité et la beauté des océans que le plongeur souhaite protéger.


