Le climat est devenu électrique entre le ministère de la Transition énergétique et du développement durable et les professionnels des stations-service au Maroc. La Fédération nationale des propriétaires, commerçants et gérants de stations-service (FGNPS) a annoncé, le 24 septembre 2025, son intention de ne pas participer à la réunion programmée le 26 septembre, dénonçant ce qu’elle considère comme une inaction persistante de la tutelle.
Selon des dirigeants de la Fédération, le secteur des stations-service souffrirait d’un manque de réponses concrètes aux problèmes structurels affectant les exploitants. Ces responsables expliquent que, depuis près d’un an, plusieurs correspondances adressées au ministère seraient restées sans retour. La réunion initialement prévue pour discuter du programme de marquage des produits pétroliers est jugée secondaire par les professionnels, qui estiment que les enjeux majeurs du secteur demeurent non résolus.
Un marché parallèle en pleine expansion
La Fédération alerte sur la multiplication des pratiques hors cadre légal, qu’elle qualifie de « marché noir légal ». Selon elle, le manque de contrôle favorise l’apparition de stations mobiles, de dépôts clandestins non conformes aux normes de sécurité, et de circuits d’approvisionnement opaques, échappant à la fiscalité et aux régulations environnementales. Ces dérives représentent, selon la FGNPS, un danger pour la sécurité des citoyens et fragilisent la rentabilité des exploitants légaux.
Des marges comprimées et un secteur sous pression
Les professionnels dénoncent également des pratiques tarifaires jugées inéquitables, où de gros clients bénéficient de prix préférentiels que les stations de détail ne peuvent concurrencer. Combinée à une densité excessive de stations, cette situation menace la viabilité économique de nombreux points de vente, créant un climat de précarité et la crainte de fermetures en chaîne.
Dans leur communiqué, les dirigeants de la FGNPS avertissent que toute décision prise sans leur participation manquerait de légitimité, tant sur le plan moral que politique. Ils évoquent la possibilité d’actions de protestation, incluant des manifestations nationales devant le siège du ministère à Rabat et un appel à la grève générale des stations-service, susceptible d’impacter l’approvisionnement en carburant et la stabilité du marché.
Un enjeu à la croisée des intérêts économiques et sociaux
Cette crise survient dans un contexte où le ministère tente d’affirmer son rôle de régulateur face à un marché dominé par quelques grands distributeurs. La défiance exprimée par les gérants indépendants illustre un écart croissant entre les orientations politiques et la réalité quotidienne sur le terrain.
La question demeure ouverte : le gouvernement choisira-t-il le dialogue pour apaiser les tensions, ou un passage en force qui pourrait déclencher une confrontation sociale majeure, avec des répercussions directes pour les consommateurs et l’ensemble de la chaîne de distribution des carburants ?

