À Tarfaya, la jeunesse marocaine s’est donnée rendez-vous pour inventer le futur. À l’occasion du 50ᵉ anniversaire de la Marche Verte, l’association For Morocco, en partenariat avec l’Institut Spécialisé dans les Métiers des Énergies Renouvelables (ISMER), a organisé le 31 octobre 2025 un hackathon placé sous le signe de l’innovation, de la durabilité et de l’intelligence collective. L’événement, qui a réuni plusieurs dizaines de jeunes stagiaires venus de Tarfaya et des régions voisines, a marqué une étape symbolique dans la promotion de l’esprit entrepreneurial et technologique au service des énergies renouvelables et du développement durable.
Organisé alors que le Conseil de sécurité des Nations unies adoptait la résolution n°2797 sur la question du Sahara marocain, le hackathon a pris une dimension particulière, incarnant la jeunesse comme moteur du progrès dans les provinces du Sud. Durant une semaine, les participants ont rivalisé d’ingéniosité pour imaginer des solutions concrètes en matière d’optimisation énergétique, de valorisation des ressources naturelles et de développement d’outils numériques intelligents. L’initiative s’inscrit dans la dynamique nationale de transition énergétique que le Maroc poursuit avec constance, notamment dans les régions à fort potentiel comme Tarfaya, terre emblématique de l’énergie éolienne.
Pour Yassine Errikh, président de l’association For Morocco, cette rencontre traduit une volonté claire : « encourager les jeunes Marocains à devenir des acteurs du changement, capables d’allier savoir scientifique et créativité technologique ». Il souligne que le hackathon se veut un espace de co-création, où les idées prennent forme et se transforment en projets à fort impact. Cette philosophie repose sur la conviction que la jeunesse détient les clés de l’innovation nationale, surtout dans des secteurs stratégiques tels que la transition énergétique et les technologies intelligentes.
Le soutien de l’ISMER de Tarfaya a été déterminant. Son directeur, Bachir Sami Essoulh, rappelle que de telles initiatives s’inscrivent pleinement dans la mission de la formation professionnelle. « Notre rôle est de créer un environnement favorable à l’expérimentation et à la réussite. Nous mettons à disposition nos ateliers, nos laboratoires, nos formateurs et nos équipements afin que les jeunes puissent concrétiser leurs idées », explique-t-il. Les projets présentés reflètent cette ambition : conception de prototypes de systèmes solaires photovoltaïques et éoliens, innovations en matière d’efficacité énergétique, développement d’outils destinés à améliorer l’accès à l’énergie dans les zones isolées ou encore exploration de nouveaux matériaux écologiques.
Le hackathon a mis en lumière une diversité de projets qui témoignent du haut niveau technique et de l’engagement des jeunes participants. Certains ont développé des plateformes numériques reliant investisseurs et jeunes entrepreneurs du secteur énergétique, d’autres ont conçu des solutions d’intelligence artificielle ou d’Internet des objets pour rationaliser la consommation et le stockage d’énergie. L’esprit d’équipe, la créativité et la rigueur scientifique ont rythmé l’événement, transformant les laboratoires de l’institut en un véritable laboratoire d’idées au service du Maroc vert et numérique.
La cérémonie de clôture, marquée par la présence de personnalités locales telles que le chef du service de l’action sociale de la province de Tarfaya et la directrice du complexe de la formation professionnelle de Laâyoune, a été l’occasion de récompenser les meilleurs projets. Les lauréats se sont vu remettre des prix en espèces et des certificats de reconnaissance, saluant leur esprit d’innovation et leur engagement en faveur d’une économie durable fondée sur la connaissance et la technologie.
Au-delà des récompenses, cet événement ouvre une nouvelle page dans la dynamique régionale d’innovation. L’association For Morocco prévoit d’étendre ce modèle de hackathons à d’autres villes du Sud, pour encourager la recherche appliquée, l’entrepreneuriat des jeunes et le développement d’une culture technologique ancrée dans les réalités locales. Tarfaya, ville pionnière du vent et de l’énergie, confirme ainsi son rôle de catalyseur dans la marche du Royaume vers un avenir plus vert et plus innovant.

