La saga TikTok continue d’alimenter les tensions économiques entre Washington et Pékin. Samedi, le ministère chinois du Commerce a réaffirmé la position de la Chine : le gouvernement dit « respecter la volonté des entreprises » et encourage des négociations « conformes aux règles du marché », tout en appelant les États-Unis à garantir un environnement d’affaires « ouvert, équitable et non discriminatoire » pour les sociétés chinoises, TikTok en tête.
Ce rappel intervient au lendemain d’un échange téléphonique entre Donald Trump et Xi Jinping, marqué par des récits divergents. Le président américain a affiché un optimisme certain, allant jusqu’à qualifier la conclusion de l’accord sur TikTok de « simple formalité », tandis que le compte rendu officiel de Pékin adoptait un ton plus mesuré, insistant sur la nécessité d’éviter les restrictions commerciales « unilatérales ».
Vers un accord sur TikTok ?
L’application de vidéos, propriété du groupe ByteDance, est sous pression depuis plusieurs mois. Aux États-Unis, la loi votée en janvier prévoyait son interdiction au nom de la sécurité nationale, mais Donald Trump a repoussé l’échéance. Selon le Wall Street Journal, les discussions portent sur une cession des activités américaines de TikTok à un consortium incluant Oracle et plusieurs fonds d’investissement californiens, dont Silver Lake et Andreessen Horowitz.
Donald Trump, qui a reconnu que TikTok avait contribué à renforcer sa popularité auprès des jeunes Américains, souhaite finaliser rapidement cette transaction. « Nous devons la faire signer », a-t-il indiqué, tout en reconnaissant que certaines étapes restaient à valider.
De son côté, ByteDance s’est contenté de remercier les deux dirigeants pour l’attention portée à l’application, assurant que la branche américaine de TikTok continuerait à « servir ses nombreux utilisateurs » dans le respect de la législation chinoise.
Une trêve commerciale fragile
Cet épisode s’inscrit dans un contexte plus large de relations commerciales heurtées entre les deux puissances. En 2025, les droits de douane ont atteint des niveaux record, trois fois supérieurs à la normale, perturbant les chaînes d’approvisionnement mondiales. Une trêve a depuis été conclue, ramenant temporairement les tarifs à 30 % pour les produits chinois importés aux États-Unis et à 10 % pour les biens américains vendus en Chine, jusqu’au 10 novembre prochain.
Parallèlement, le dossier TikTok illustre la complexité des équilibres recherchés entre coopération et confrontation. Sur d’autres sujets, comme la guerre en Ukraine ou la lutte contre le fentanyl, les discussions restent tendues. Donald Trump appelle notamment les Européens à sanctionner Pékin pour ses importations de pétrole russe, une mesure qu’il n’a toutefois pas appliquée lui-même.
Un dialogue à poursuivre
Malgré ces divergences, les deux présidents ont convenu de se rencontrer en marge du sommet de l’Apec, prévu fin octobre en Corée du Sud. Donald Trump a par ailleurs annoncé son intention de se rendre en Chine au début de l’année 2026, une visite qui, si elle se concrétise, pourrait marquer une étape importante dans le rééquilibrage des relations bilatérales.
En attendant, le sort de TikTok reste suspendu aux négociations, symbole d’une rivalité sino-américaine qui dépasse largement le cadre technologique pour s’étendre à la diplomatie, à l’économie et aux rapports de force géopolitiques.


