À domicile, ce dimanche 4 janvier face à la Tanzanie, dans cette CAN Morocco brandée, les Lions de l’Atlas entrent enfin dans la zone de vérité. Là où les légendes s’écrivent, et d’autres se brisent. Fin des projections, place au réel. Et tandis que s’ouvre enfin, pour de bon, notre quête de sacre tant espéré, vient aussi l’heure du premier grand test pour Walid Regragui.
Nous y sommes. Après le prélude des groupes, le premier acte des huitièmes. Fin des calculs et des débats, dimanche, à Rabat, le Maroc jouera sa CAN sur 90 minutes. Peut-être plus. Sûrement pas moins. Mais avec, assurément, une étape à gravir : un huitième de finale face à la Tanzanie. Sur le papier, un détail ? Dans l’histoire récente, un piège qui ne s’en cache même plus. Ce match ? Tout sauf une promenade de santé sur les rives du Bouregreg. Parce que le Maroc n’a jamais été aussi attendu, et Regragui aussi.
Il paraît qu’après le calme vient la tempête. Nous, on a eu deux jours de calme. Une pause après une phase de groupes sans réelle surprise. Et voilà que la tempête arrive… pendant qu’une autre, beaucoup plus littérale, touche notre littoral. Francis traverse le Maroc, et la CAN, celle du Maroc, entre dans cette phase où le football redevient ce qu’il n’a jamais cessé d’être : plus cruel que jamais.
Sur le banc, pour Walid, vient ainsi l’heure du test. Le vrai. Celui qu’on a repoussé, excusé, ou contourné depuis l’épopée qatarie. Depuis 2022, tout a été toléré. Les approximations, les discours, les choix. On a tout accepté avec une seule échéance en tête : janvier 2026 et cette CAN à la maison. Cette promesse à honorer, cette coupe à garder. Est ainsi venu l’heure pour Regragui de nous prouver que l’on a tous eu tort de le prendre en joue.
Alors oui, on a été durs. Oui, on a insisté. On a pointé ce qui n’allait pas. Pas par plaisir. Pas par posture. Mais parce que cette équipe, ce vivier, et surtout ce peuple, méritent un récit dont ils pourront se targuer pendant les prochaines décennies. Cependant, à checker le rétro, ce huitième, c’est aussi notre procès. Oui. Le procès de ceux qui ont douté, de ceux qui ont insisté, ou de ceux qui ont refusé de fermer les yeux. Sauf que nous, on ne demande qu’à avoir tort. Oui. On veut que Regragui réussisse, que ce test tourne à sa gloire. Parce que l’autre scénario… celui d’une élimination en huitième, à domicile… ce serait un cataclysme. Sportif. Symbolique. Voire même politique.
Est ainsi venue l’heure du verdict du seul procès où la défense espère voir le prévenu lavé de tout soupçon. Dimanche, il n’y aura ainsi plus d’excuses, plus de contexte, plus de lendemain pour expliquer. Juste un match, un verdict, et une réponse : qui a eu tort ? Le temps d’un huitième, au minimum.
L’heure du grand test a donc sonné pour Walid. Le premier, du moins… Avant l’heure de gloire… ? Qui sait.

