Après trois ans et demi à la tête des Lions de l’Atlas, Walid Regragui s’en va avec un bilan et des souvenirs qui resteront. Entre statistiques flatteuses et occasions manquées, le sélectionneur aura surtout laissé une trace : celle d’une équipe qui a recommencé à croire ?
Ce 5 mars a marqué la fin d’un cycle. Après trois ans et demi sur le banc des Lions, Walid Regragui a quitté ses fonctions, laissant la place à Mohammed Ouahbi. Une page se tourne pour la sélection marocaine, et avec elle s’achève une période faite d’espoirs, de soirées historiques et de quelques rendez-vous un tant soit peu manqués (Quoi, le Sénégal ?).
Sauf que son bilan brut raconte déjà beaucoup. En 49 rencontres à la tête des Lions de l’Atlas, Regragui a signé 36 victoires, 8 nuls et 5 défaites, soit un taux de succès de 69 %. Dans le football, ces chiffres situent un sélectionneur dans la catégorie des entraîneurs performants. La norme tourne plutôt autour de 50 % pour ceux que les fédérations choisissent de conserver dans la durée. Statistiquement, tout indique une réussite. Sportivement, l’histoire reste… un peu plus nuancée.
Sous la direction de Regragui, le Maroc a connu certains des moments les plus marquants de son histoire. La demi-finale de Coupe du monde reste évidemment l’image la plus forte : un parcours historique qui a placé la sélection marocaine parmi les grandes nations, avant une défaite dans ce match pour la troisième place, sans médaille au bout. Il y a aussi eu cette Coupe d’Afrique des nations disputée à domicile. Une finale perdue d’un souffle, à une panenka du sacre. Et, dans une autre édition, une sortie prématurée dès les huitièmes de finale.
Un paradoxe s’est alors installé : des résultats globaux solides, mais aucun trophée pour les sceller. Dans le football des sélections, la mémoire collective retient souvent une image simple : celle du moment où l’on soulève une coupe. Regragui s’est arrêté juste avant.
Son passage à la tête des Lions de l’Atlas n’a cependant jamais été linéaire. Sa relation avec l’opinion publique a connu des hauts et des bas. Enthousiaste au départ, parfois tendue ensuite, avant que le cycle touche à sa fin. Comme dans beaucoup d’histoires de football, l’émotion s’est ensuite mêlée à l’exigence. L’affection populaire peut être intense, mais elle reste conditionnée à une chose : la performance. Et au plus haut niveau, la performance finit toujours par se mesurer en trophées.
Reste pourtant une trace. Une trace réelle. Sous Regragui, le Maroc a retrouvé une capacité à croire. Croire qu’il pouvait rivaliser avec les grandes nations. Croire qu’il pouvait renverser des favoris. Croire, tout simplement, qu’une sélection marocaine pouvait s’installer durablement dans les derniers carrés des grandes compétitions.
Ces soirs où les rues se remplissaient, où les supporters sortaient célébrer, où l’impossible semblait soudain envisageable font désormais partie de l’histoire récente du football marocain. Et ces batailles, Regragui les a menées avec ses moyens, ses choix, ses convictions. On ne pourra jamais lui enlever cela.
Alors oui, il manquera toujours cette coupe qui aurait figé l’époque dans le bronze. Mais un passage sur un banc ne se résume pas seulement à un palmarès. Parfois, il s’agit aussi de changer un regard, d’ouvrir une perspective, de laisser une équipe un peu plus forte qu’à son arrivée. Pour cela, il mérite un mot simple : merci.
Merci pour les travaux, et bonne route pour la suite.
Reste une dernière question : au final, c’était Walid, Oualid… ou Hoalid ? Le mystère persiste…


