Jawad Ziyat a officialisé son retour dans la course à la présidence du Raja Club Athletic, à quelques jours d’une assemblée générale élective décisive prévue le 7 juillet. Dans une vidéo diffusée sur ses réseaux sociaux, l’ancien président du club casablancais (2018-2020) a présenté sa candidature, sa vision stratégique pour l’avenir du club, ainsi que les membres de son équipe, composée de profils issus du monde des affaires, de la finance et de l’industrie. Cette initiative s’inscrit dans un contexte de profond bouleversement structurel pour le Raja, désormais constitué en société anonyme sous l’appellation Raja SA.
La transformation du club en société anonyme marque une rupture historique avec le cadre associatif traditionnel du football marocain. Ce changement ouvre la porte à une nouvelle gouvernance basée sur la transparence, la performance économique et l’attractivité pour les investisseurs. Ziyat propose une feuille de route orientée vers une professionnalisation poussée, portée par une équipe qu’il qualifie de « nouvelle génération de dirigeants sportifs ». Parmi les personnalités présentées figurent Mamoun Belghiti, ancien DG de la BMCE Bank, Hanaa Aboud, spécialiste de l’événementiel, ou encore Aziz Horani, cadre dirigeant chez HPS. L’objectif affiché : repositionner le Raja comme une référence en matière de gestion sportive et d’innovation managériale.
L’un des piliers de cette candidature est l’implication d’un partenaire stratégique d’envergure : Marsa Maroc. L’opérateur portuaire public prévoit d’investir 150 millions de dirhams dans Raja SA sur une période de trois saisons, en échange de 60 % du capital. Les 40 % restants seraient détenus par l’Association Raja, via un apport valorisé à 100 millions de dirhams, composé notamment des droits d’image, de la marque et de l’équipe professionnelle. L’Académie Raja, bien que toujours propriété de l’association, serait mise à disposition de la société via un contrat de gestion pluriannuel. Le capital total de Raja SA atteindrait ainsi 250 millions de dirhams, avec des actifs évalués à 510 millions de dirhams et un passif estimé à 130 millions.

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Ce projet arrive à un moment stratégique pour le club. En plus de la réorganisation juridique, le Raja est également concerné par l’affaire judiciaire impliquant Mohamed Boudrika, ex-président emblématique, actuellement incarcéré à la prison d’Aïn Sebaâ. Poursuivi pour escroquerie, émission de chèques sans provision et usage de faux documents, son procès devrait connaître un tournant début juillet, en parallèle de l’élection du futur président du club.
En plaçant la restructuration du Raja au cœur de sa campagne, Ziyat cherche à tourner définitivement la page des crises financières et administratives ayant freiné l’évolution du club ces dernières années. Son ambition est de bâtir un modèle pérenne, capable d’attirer des ressources, de fidéliser les talents et de garantir une stabilité sur le long terme. Si sa liste est élue, le Raja deviendrait le premier club marocain à ouvrir officiellement le capital de sa société sportive à un investisseur institutionnel public. Une démarche inédite dans le paysage footballistique national, qui pourrait faire école.

