Plusieurs festivals locaux pourraient ne pas avoir lieu cette année au Maroc. Dans plusieurs provinces, les collectivités territoriales s’orientent vers l’annulation ou le report de certaines manifestations culturelles, privilégiant désormais les projets de développement et une gestion plus rigoureuse des finances publiques.
Selon des sources concordantes, cette évolution intervient à la suite d’interventions des autorités locales relevant du ministère de l’Intérieur. Dans plusieurs territoires, les responsables auraient encouragé les conseils communaux à réexaminer l’organisation d’événements jugés coûteux, notamment dans les zones confrontées à des besoins urgents en matière d’infrastructures et de services publics.
L’objectif affiché est de réorienter une partie des budgets vers des investissements répondant directement aux attentes des populations, dans un contexte où les demandes liées à l’accès à l’eau potable, à l’amélioration du réseau routier ou encore au renforcement des services de proximité se multiplient.
Plusieurs festivals déjà concernés
Parmi les premières décisions prises figure celle de la commune de Tanant, dans la province d’Azilal. Réuni en session extraordinaire, le conseil communal a voté l’annulation de son festival annuel, organisé depuis plus de quinze ans. Une décision qui a été favorablement accueillie par une partie des habitants, estimant que les crédits initialement prévus devraient être consacrés à des projets de développement local.
Quelques jours plus tard, la commune d’Azilal a, de son côté, annoncé le report de la 15ᵉ édition du Festival estival des Arts de l’Atlas, initialement programmée au cours du mois de juillet.
Dans un communiqué, les organisateurs expliquent que cette décision fait suite à une évaluation des conditions de préparation de l’événement. Le report vise, selon eux, à réunir de meilleures conditions d’organisation afin de préserver le rayonnement culturel et artistique du festival.
Les projets de développement privilégiés
Les autorités communales d’Azilal précisent également que plusieurs chantiers structurants et projets économiques sont actuellement en cours de lancement. Leur suivi mobilise une grande partie des moyens humains et financiers de la commune, ce qui a conduit à faire passer ces investissements avant l’organisation du festival.
D’après plusieurs sources, cette orientation s’inscrit dans une réflexion plus large sur la gestion des dépenses publiques. Les autorités locales encourageraient ainsi les collectivités à concentrer leurs ressources sur les projets ayant un impact direct sur les conditions de vie des citoyens, en particulier dans les territoires confrontés à des déficits en équipements de base.
Au-delà des cas de Tanant et d’Azilal, cette dynamique pourrait concerner d’autres communes du Royaume. Elle traduit une évolution dans les priorités budgétaires de certaines collectivités, qui cherchent à concilier maîtrise des dépenses publiques et accélération des programmes de développement local, à l’approche des prochaines échéances électorales.

