Le sommet de l’OTAN s’ouvre à Ankara dans un contexte marqué par les tensions entre alliés et par les nouvelles exigences américaines en matière de défense. Pendant deux jours, les dirigeants des États membres tenteront de préserver la cohésion de l’Alliance, alors que Donald Trump accentue la pression sur les partenaires européens, qu’il juge insuffisamment investis dans leur propre sécurité. Washington réclame un partage plus équilibré des responsabilités et une hausse durable des dépenses militaires.
Pour répondre à ces attentes, plusieurs pays européens comptent annoncer d’importants programmes d’investissement dans l’industrie de défense, représentant plusieurs dizaines de milliards de dollars. Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, souhaite démontrer que les engagements pris ces dernières années se traduisent désormais par des mesures concrètes, notamment en matière de capacités militaires et de production d’armements.
La Turquie, pays hôte du sommet, occupe une place stratégique dans ces discussions. Dotée de la deuxième armée de l’Alliance et d’une industrie de défense en pleine expansion, Ankara entend mettre en avant son savoir-faire technologique, notamment dans le domaine des drones et des systèmes de défense. Le président Recep Tayyip Erdogan a accueilli Donald Trump à Ankara avant une série d’entretiens bilatéraux consacrés aux dossiers régionaux et aux priorités de l’OTAN.
Le soutien à l’Ukraine figure également parmi les principaux sujets à l’ordre du jour. Le président Volodymyr Zelensky est attendu dans la capitale turque afin de rencontrer les dirigeants alliés et de plaider en faveur de la poursuite de l’aide militaire occidentale. Les partenaires européens et le Canada envisagent de confirmer de nouveaux engagements financiers destinés à renforcer les capacités de défense ukrainiennes, tandis que l’expérience acquise par Kiev dans la guerre des drones suscite un intérêt croissant.
Au-delà des annonces financières, cette rencontre constitue un test politique pour l’Alliance. Les membres de l’OTAN cherchent à afficher leur unité face aux défis sécuritaires internationaux, tout en évitant que les divergences avec Washington ne fragilisent davantage la coopération transatlantique. Le sommet devrait ainsi définir les orientations stratégiques de l’organisation pour les prochaines années, dans un environnement géopolitique toujours plus instable.

