Le Vatican a ouvert une enquête préliminaire visant le cardinal de Rabat, Cristóbal López Romero, à la suite d’accusations d’agressions sexuelles formulées par plusieurs femmes majeures. L’information a été révélée par le quotidien espagnol El País et confirmée par l’intéressé lui-même dans un communiqué publié mardi.
Âgé de 77 ans, le cardinal espagnol, membre de la congrégation salésienne, affirme catégoriquement n’avoir commis « ni agression, ni violence, ni harcèlement sexuel ». Il reconnaît toutefois faire l’objet d’une procédure interne de l’Église catholique.
« Je suis accusé d’avoir eu un comportement inapproprié envers des femmes majeures. Cette situation a conduit l’Église à ouvrir une enquête préliminaire, actuellement en cours, avec laquelle je coopère pleinement », a-t-il déclaré, selon des propos relayés par l’agence de presse espagnole EFE.
D’après El País, cinq femmes sont à l’origine des accusations. À ce stade, le Vatican n’a fourni aucun commentaire sur le dossier. Le service de presse du Saint-Siège s’est refusé à toute déclaration, invoquant la confidentialité de la procédure.
Le quotidien espagnol souligne qu’il s’agit d’une situation inédite pour l’Église d’Espagne. Aucun cardinal espagnol n’avait jusqu’à présent fait l’objet d’une enquête du Vatican pour des accusations de nature sexuelle. Le précédent dossier de cette ampleur concernait l’évêque de Cadix, Rafael Zornoza, visé l’an dernier par une enquête portant sur des faits présumés impliquant un mineur, finalement classée sans suite.
Selon Séraphine, fidèle pratiquante vivant à Casablanca, cette affaire suscite un trouble profond au sein d’une partie de la communauté catholique. « C’est choquant. Il s’agit d’une autorité de l’Église. On commence à douter et à ne plus savoir si l’on peut faire confiance à des personnes qui prêchent la morale », confie-t-elle à LeNew.
Présente chaque dimanche à l’église, elle rappelle toutefois que la vie des communautés chrétiennes au Maroc se déroule, selon elle, dans un climat serein. « Nous sommes des centaines à prier chaque semaine, avec plusieurs communautés présentes, et tout se passe dans le respect », ajoute-t-elle.
En attendant les conclusions de l’enquête, Cristóbal López Romero a annoncé qu’il se retirerait temporairement de la vie publique. Il ne présidera aucune célébration religieuse et suspendra sa participation aux activités ecclésiales durant la procédure.
Nommé cardinal en octobre 2019 par le pape François, quelques mois après la visite historique de ce dernier au Maroc en mars de la même année, Cristóbal López Romero est à la tête de l’archidiocèse de Rabat depuis 2017. L’enquête ouverte par le Vatican devra désormais déterminer si les accusations portées contre lui sont fondées.

