Le Maroc occupe la 72e place sur 120 pays dans l’édition 2026 de l’Indice de transition énergétique (Energy Transition Index – ETI), publié par le Forum économique mondial en collaboration avec Accenture. Avec un score de 54,5 points sur 100, le Royaume se situe en dessous de la moyenne mondiale établie à 57,3 points, tout en affichant une performance supérieure à la moyenne de la région Moyen-Orient, Afrique du Nord et Pakistan (MENAP), évaluée à 52,9 points.
Ce classement mesure à la fois la performance actuelle des systèmes énergétiques et leur capacité à préparer les transformations futures. Pour le Maroc, les résultats révèlent un contraste marqué entre les acquis enregistrés sur le terrain et les conditions nécessaires pour accélérer la mutation du secteur à long terme.
Le Royaume obtient ainsi 58,4 points pour la performance de son système énergétique actuel. Cette composante englobe plusieurs critères liés à la sécurité d’approvisionnement, à l’accès à l’énergie, à la stabilité des prix ainsi qu’à la durabilité environnementale. Ces résultats traduisent les progrès réalisés ces dernières années dans la diversification du mix énergétique national et dans l’amélioration de l’accès à l’électricité.
La préparation à la transition énergétique, qui évalue notamment les infrastructures, le cadre réglementaire, les investissements, l’innovation, l’éducation et le capital humain, atteint quant à elle 48,6 points. Bien que ce score demeure inférieur à la moyenne mondiale, il dépasse largement celui observé dans plusieurs pays de la région. Le rapport souligne ainsi que les fondations institutionnelles et réglementaires du Maroc apparaissent relativement mieux préparées que celles de nombreux voisins, même si leur traduction en résultats concrets reste encore limitée.
À l’échelle régionale, le Maroc se classe sixième derrière les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, le Qatar, la Tunisie et la Jordanie. Dans l’espace maghrébin, la Tunisie conserve l’avantage avec 56 points et une 62e place mondiale, tandis que l’Algérie se positionne au 94e rang avec 50,7 points.
Les conclusions du rapport interviennent dans un contexte mondial marqué par un ralentissement de la dynamique de transition énergétique. Après plusieurs années de progression régulière, l’indice global n’a enregistré qu’une hausse marginale en 2026. Les performances opérationnelles des systèmes énergétiques continuent d’évoluer positivement, mais les conditions permettant de soutenir les avancées futures montrent des signes d’essoufflement.
Selon le Forum économique mondial, la hausse du coût du capital, les incertitudes réglementaires, les tensions géopolitiques et les contraintes liées aux infrastructures pèsent de plus en plus lourdement sur les investissements énergétiques. Cette situation affecte particulièrement les économies émergentes, qui doivent financer leur transition dans des conditions souvent moins favorables que les pays développés.
Le Maroc n’échappe pas à cette réalité. Le rapport insiste sur la nécessité d’accélérer la modernisation des réseaux électriques afin d’accompagner l’intégration croissante des énergies renouvelables. Le développement des capacités solaires et éoliennes ne suffit plus à lui seul : les infrastructures de transport et de distribution doivent gagner en flexibilité pour absorber une production de plus en plus intermittente et garantir la stabilité du système.
La question du financement constitue également un enjeu majeur. Les économies appelées à porter une large part de la croissance future de la demande énergétique mondiale continuent de supporter des coûts de financement deux à trois fois supérieurs à ceux observés dans les marchés avancés. Cette situation limite la capacité à mobiliser rapidement les investissements nécessaires à la réalisation des grands projets énergétiques.
Le renforcement des compétences et de l’innovation apparaît enfin comme un levier déterminant. La formation des talents, le développement de l’expertise technique et le soutien aux technologies vertes figurent parmi les conditions indispensables pour transformer la transition énergétique en moteur de croissance économique et industrielle.
Si le Maroc maintient sa position dans le classement mondial de la transition énergétique, le rapport souligne que les prochaines étapes dépendront moins des ambitions affichées que de la capacité à renforcer les infrastructures, mobiliser les financements et accélérer la transformation du système énergétique. Dans un contexte international de plus en plus concurrentiel, ces facteurs seront déterminants pour améliorer durablement la place du Royaume dans les prochaines éditions de l’indice.


