Le biopic consacré à Michael, centré sur la vie de Michael Jackson, est enfin arrivé en salles le 22 avril 2026 après plusieurs années de reports et une production marquée par de nombreux ajustements budgétaires. Annoncé initialement pour 2024, le projet a vu son calendrier bouleversé et son budget s’alourdir d’environ 150 millions de dollars supplémentaires, signe d’un tournage complexe et de tensions en coulisses.
À sa sortie, le film se heurte à un accueil critique particulièrement sévère. Sur Rotten Tomatoes, les avis plafonnent autour de 35 %, tandis qu’en France, la presse lui attribue une moyenne de 2,5/5 sur AlloCiné. Plusieurs médias de référence, parmi lesquels The Guardian, Rolling Stone Magazine, Libération, Le Figaro ou encore The Hollywood Reporter, convergent vers le même constat : le long-métrage offrirait une vision partielle et aseptisée de la vie de Michael Jackson, limitée à sa jeunesse et à l’ascension artistique allant jusqu’à l’album Bad en 1987.
Le rôle principal est interprété par Jaafar Jackson, dont la performance est saluée pour sa ressemblance et sa capacité à incarner les gestes et la voix de son oncle. À ses côtés, le casting réunit plusieurs figures hollywoodiennes, dont Miles Teller dans le rôle de l’avocat John Branca, Colman Domingo dans celui de Joe Jackson, père du chanteur, ainsi que Laura Harrier. Malgré ces performances globalement jugées solides, le film peine à convaincre sur le fond.

Les critiques pointent une narration jugée trop lisse, dépourvue de tension dramatique réelle. Le New York Times évoque notamment un récit qui évite certains aspects sensibles, dont les difficultés médicales et la dépendance aux antidouleurs après l’accident de 1984. Cette absence nourrit l’impression d’un récit fragmenté, davantage centré sur l’image publique de la star que sur la complexité de son parcours.
Cette orientation narrative s’explique en partie par la nature même du projet. Le film est co-réalisé par Antoine Fuqua et encadré par des membres de la famille Jackson, impliqués dans l’écriture du scénario. LaToya Jackson a d’ailleurs défendu publiquement cette approche, estimant que la participation familiale garantissait une représentation fidèle. Une vision assumée mais qui interroge sur l’équilibre entre hommage et distance critique.
Dans ce contexte, l’absence de Paris Jackson lors de l’avant-première a été remarquée. Elle avait déjà exprimé ses réserves sur les réseaux sociaux, évoquant un film susceptible de séduire avant tout un public attaché à une représentation idéalisée de son père, loin des zones d’ombre de son histoire.
Malgré les critiques, le public semble adopter une position différente. Sur Letterboxd, le film obtient environ 3,5/5, et sur AlloCiné, les spectateurs lui accordent une note moyenne de 3,7/5. Une réception plus indulgente, portée par l’attachement à l’icône musicale et à la nostalgie de ses titres emblématiques. Ce décalage entre critiques professionnels et spectateurs rappelle celui observé sur d’autres biopics musicaux récents.
La production, pilotée notamment par Graham King, s’inscrit dans une tendance déjà éprouvée avec des succès comme Bohemian Rhapsody. Le film adopte une approche similaire, centrée sur la célébration de la légende plutôt que sur une analyse exhaustive de ses contradictions.
Une suite est déjà en préparation. Le dernier plan du film, affichant « Son histoire continue », laisse entendre une continuité narrative qui pourrait aborder les dernières années de la vie de Michael Jackson. Reste à savoir si cette seconde partie choisira d’élargir le spectre du récit ou de poursuivre la même ligne éditoriale. Les attentes sont élevées, d’autant que les débats autour de la représentation des zones controversées de sa vie restent particulièrement sensibles.


