Le coût global des mesures issues du dialogue social au Maroc atteindra 49,7 milliards de dirhams d’ici la fin de l’année 2026 et le début de 2027. C’est ce qu’a annoncé, lundi à la Chambre des représentants, le ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, en mettant en avant un ensemble d’actions orientées vers l’amélioration du pouvoir d’achat et la réduction des écarts sociaux.
Selon le ministre, cet effort budgétaire massif s’inscrit dans une dynamique de concertation entre le gouvernement, les partenaires sociaux, ainsi que les représentants du secteur privé et agricole. Le dialogue social, a-t-il rappelé, dépasse la seule logique financière pour s’ancrer dans une relation de confiance entre les différentes parties prenantes.
Parmi les mesures phares déjà mises en œuvre, la revalorisation du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) occupe une place centrale. Celui-ci est passé de 14,81 dirhams de l’heure au début du mandat gouvernemental à 17,9 dirhams actuellement, permettant une progression du salaire net mensuel d’environ 2.800 à 3.400 dirhams. Dans le secteur agricole, le salaire minimum (SMAG) a également connu une hausse, évoluant de moins de 1.900 dirhams à 2.400 dirhams à partir de ce mois d’avril.
Le gouvernement souligne également avoir procédé, en 2023, à une revalorisation générale des salaires dans un contexte économique jugé contraint, avec une augmentation moyenne d’environ 1.000 dirhams. Cette mesure a été présentée comme une réponse progressive aux revendications sociales, dans une phase où une hausse généralisée plus large n’était pas envisageable.
Le secteur public n’a pas été épargné par cette dynamique. Dans l’éducation nationale, près de 325.000 fonctionnaires ont bénéficié de revalorisations salariales comprises entre 1.500 dirhams en début de carrière et jusqu’à 5.000 dirhams en fin de parcours. Cette mesure vise à renforcer l’attractivité de la fonction publique et à reconnaître les efforts des personnels dans un secteur sous tension.
Au-delà des salaires, les réformes engagées dans le cadre du dialogue social touchent également la fiscalité et la protection sociale. La révision de l’impôt sur le revenu a permis, selon les chiffres avancés par le ministre, une augmentation moyenne de 400 dirhams du revenu net des salariés dans le secteur privé.
Le volet retraite figure aussi parmi les chantiers structurants. Le nombre de jours de cotisation requis pour bénéficier d’une pension de vieillesse a été réduit de 3.240 à 1.320 jours. Cette réforme introduit également la possibilité pour les travailleurs ne remplissant pas ces conditions de récupérer leurs cotisations, un changement présenté comme une avancée en matière de flexibilité et de justice sociale.
Dans le même esprit, le gouvernement prépare de nouvelles mesures concernant les agents de sécurité privée. Le ministre a évoqué des conditions de travail souvent difficiles, avec des horaires pouvant atteindre 12 heures par jour. Un amendement de l’article 193 du Code du travail sera ainsi soumis au prochain Conseil de gouvernement, avec l’objectif affiché de corriger certaines disparités dans ce secteur.
Ces différentes mesures traduisent une montée en puissance du dialogue social comme outil de régulation économique et sociale. Entre ajustements salariaux, réformes fiscales et transformation du système de retraite, l’exécutif cherche à structurer une réponse globale aux attentes des salariés et des ménages.
À l’approche de 2027, l’enjeu reste la capacité de ces politiques à produire des effets durables sur le pouvoir d’achat, dans un contexte où les équilibres budgétaires demeurent sous pression.

