Les collectivités territoriales ont dégagé un excédent global de 6,55 milliards de dirhams à fin avril 2026, selon les dernières données publiées par la Trésorerie Générale du Royaume (TGR). Ce résultat demeure élevé malgré un léger recul par rapport à la même période de l’année précédente, où l’excédent s’établissait à 6,9 milliards de dirhams.
D’après le Bulletin mensuel de statistiques des finances locales, cet excédent intègre un solde positif de 1,08 milliard de dirhams généré par les comptes spéciaux et les budgets annexes. Les ressources dégagées doivent permettre de financer les dépenses déjà engagées ainsi que les paiements prévus au cours de l’exercice 2026.
La situation financière des collectivités territoriales reste soutenue par une progression des recettes ordinaires. Celles-ci ont atteint 15,51 milliards de dirhams, soit une hausse de 4 % sur un an. Cette évolution s’explique principalement par la forte augmentation des recettes directement gérées par les collectivités, en progression de 26,9 %. Les recettes transférées ont également enregistré une légère hausse de 1 %, compensant en partie le recul marqué de 33,7 % des recettes gérées par l’État.
Dans le même temps, les dépenses ordinaires ont suivi une trajectoire inverse. Elles se sont établies à 7,97 milliards de dirhams, affichant une baisse de 1,3 % par rapport à fin avril 2025. Cette diminution résulte essentiellement du recul des dépenses liées aux autres biens et services, qui ont diminué de 228 millions de dirhams, soit une baisse de 6,6 %. À l’inverse, les dépenses de personnel ont poursuivi leur progression, enregistrant une hausse de 4 %, représentant un supplément de 157 millions de dirhams.
L’écart entre l’évolution des recettes et celle des dépenses a contribué au maintien d’une capacité financière importante au niveau des collectivités locales. Les excédents globaux cumulés des budgets des collectivités territoriales atteignent désormais 69,3 milliards de dirhams. Ce montant englobe à la fois les surplus accumulés au cours des exercices précédents et l’excédent dégagé en 2026.
Ces ressources ne constituent pas uniquement une réserve financière. Elles sont destinées à couvrir les dépenses programmées ou engagées au titre des années antérieures et qui n’ont pas encore été réglées. Elles servent également à financer les engagements pris au cours de l’année précédente et dont les paiements restent en attente.
Le reliquat disponible joue par ailleurs un rôle essentiel dans la gestion quotidienne des collectivités territoriales. Il garantit le règlement des charges obligatoires telles que les salaires, les factures d’eau et d’électricité, les loyers, les intérêts de la dette ou encore les dépenses liées aux contrats de gestion déléguée.
La répartition de ces excédents met en évidence le poids prépondérant des communes dans les finances locales marocaines. À elles seules, elles concentrent 61,9 % des excédents globaux enregistrés par l’ensemble des collectivités territoriales.
Ces résultats traduisent une situation financière globalement maîtrisée pour les collectivités territoriales, dans un contexte où la gestion des ressources locales demeure un levier déterminant pour le financement des services publics de proximité et des projets de développement territorial.

