À Merzouga, la première édition du « Rally IA Future Lab » se poursuit avec une mobilisation d’envergure réunissant un millier de jeunes venus des différentes régions du Royaume. Organisé par le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, cet événement inscrit dans la stratégie « Maroc Digital 2030 » place l’intelligence artificielle et l’innovation numérique au cœur d’un chantier national visant à renforcer les compétences et l’écosystème technologique marocain.
Depuis le début des travaux, les dix espaces dédiés à cette initiative enregistrent une forte dynamique d’échanges et de collaboration. Encadrés par des experts, formateurs et spécialistes de l’IA, de l’entrepreneuriat et des technologies numériques, les participants alternent ateliers pratiques, sessions de formation et activités de mentorat. L’objectif affiché est clair : faire émerger des solutions concrètes capables de répondre aux défis technologiques et économiques de demain, tout en consolidant le leadership numérique du Maroc à l’échelle régionale et continentale.
Le programme, déployé du 16 au 20 juin 2026, prévoit une montée en puissance progressive. Après cette première phase réunissant 1 000 jeunes, l’initiative ambitionne d’élargir son impact à 5 000 participants dans les prochaines éditions. Une orientation qui traduit une volonté institutionnelle de structurer un vivier durable de compétences dans les métiers de l’intelligence artificielle, de la data et de l’innovation.
Lors de la soirée, une keynote consacrée aux techniques avancées de l’IA a été présentée par la directrice de l’AI Movement, Dr Btissam El Khamlichi. Elle a mis en lumière l’accélération mondiale des modèles d’intelligence artificielle et leur capacité à transformer profondément les secteurs économiques, industriels et sociaux. Elle a également insisté sur la nécessité d’un investissement soutenu dans la recherche scientifique, les infrastructures numériques et le capital humain afin d’assurer une transition technologique maîtrisée.
Un panel intitulé « 70 ans après : redéfinir l’IA depuis le Maroc » a ensuite réuni plusieurs experts sous la coordination de Driss Lemjaouri, représentant du ministère. Les interventions ont abordé les enjeux de régulation, de cybersécurité et d’implémentation concrète des technologies d’IA. À ce titre, une experte de la Commission nationale de contrôle de la protection des données personnelles (CNDP) a insisté sur l’importance d’un cadre éthique garantissant la confiance des citoyens et la protection des données.
Dans le même esprit, le directeur technique de Nokia North Africa a alerté sur la montée des risques liés à la cybersécurité dans un environnement de plus en plus piloté par des systèmes intelligents. De son côté, une chercheuse de l’Université Euromed de Fès a mis en évidence les défis liés au passage des modèles théoriques vers des applications opérationnelles, notamment en matière de fiabilité des données et de passage à l’échelle.

Le ministère de la Transition numérique a également présenté les grandes lignes de sa vision stratégique fondée sur cinq piliers : souveraineté technologique, confiance numérique, développement des compétences, innovation responsable et équité territoriale. Cette feuille de route se concrétise notamment à travers le réseau national des centres d’excellence « Jazari Institute », conçu comme une architecture collaborative reliant universités, administrations, startups et acteurs économiques.
Dans cette dynamique, le dispositif « Jazari Root » est appelé à jouer un rôle de coordination et de structuration de l’écosystème national de l’intelligence artificielle. Il vise à produire des solutions adaptées aux besoins des administrations et des citoyens, tout en favorisant la recherche appliquée et la coopération internationale, notamment avec les partenaires africains et arabes du Royaume.
À Merzouga, ce rendez-vous consacré à l’intelligence artificielle s’impose ainsi comme un espace de formation, d’expérimentation et de projection, où une nouvelle génération d’innovateurs marocains esquisse les contours d’un modèle numérique souverain et compétitif.

